09.12.2009

Pétition pour le maintien de l'histoire et de la géographie

Appel pour le maintien d’un enseignement obligatoire d’Histoire et de Géographie en Terminale scientifique

 

L’Assemblée Générale de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG), réunie le dimanche 29 novembre 2009 au Lycée Saint Louis à Paris.

· Condamne et rejette tout projet de réforme des Lycées aboutissant à la disparition de l’Histoire et de la Géographie dans les classes de Terminale scientifique

· Exige le maintien d’un enseignement obligatoire en Terminale scientifique (TS) débouchant sur une épreuve au Baccalauréat

Souligne combien l’Histoire et la Géographie éclairent fondamentalement les débats contemporains sur les identités, les cultures, les territoires et la mondialisation.

L’APHG invite toutes celles et tous ceux qui approuvent cet appel à le signer et à le faire signer.

 

http://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpuSnVqa...

Défendre nos libertés et nos services publics de proximité

Marie-France GLAUDEL,
Un grand merci à vous d'avoir pris de votre temps pour m'accompagner jusqu'au Conseil constitutionnel.

Une pensée pour ceux qui n'ont pu se joindre à notre rassemblement mais dont les courriers d'encouragements ont participé au succès de notre démarche.

Cette vidéo leur donnera un aperçu des chaleureux moments passés ensemble.
Ce n'est qu'un premier rendez-vous pour défendre nos libertés locales et nos services publics de proximité.

Prochaine étape : Docks des Suds (Marseille), le 17 décembre prochain à partir de 18h pour un Rassemblement des Résistances.

Amitiés républicaines,

Michel Vauzelle

Urgence climatique, justice sociale

L' appel pour Copenhague

Rassemblement à Epinal devant la Préfecture le samedi 12 décembre à 14 h 30

Organisé par Ami-Bio, Association de Sauvegarde des Vallées et Prévention des Pollutions, AssociationVosges Eco-Construction, Attac Vosges, Ballast, Confédération Paysanne Vosges, DEMETER, Mousse citoyenne, Nature te Progrès, SNES-FSU, Terre Démocrate, Union Départementale des Associations Familiales, VEG Lorraine, Vosges alternative au Nucléaire, Vosges Ecologie, Vosges en Marche.

Soutenu par CAP 21, Le NPA, le Parti de Gauche, le Modem, les Verts Vosges


Des mesures véritablement alternatives et radicales sont nécessaires :

- Démocratisation et relocalisation de l'activité économique ; cela implique le soutien aux circuits courts, à l'économie sociale et solidaire, au secteur coopératif et au maintien des services publics de proximité.

- Promotion d'un plan de transports collectifs accessible à tous et tendant vers la gratuité

- Réorientation des investissements, notamment de recherche, vers des solutions qui engendrent l'efficacité énergétique. Ex : bâtiments basse consommation d'énergie

- Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux

- Taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l'énergie et des transports les plus polluants

-Retour à la régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire, au Nord, comme au Sud

-Promtion d'unmodèle alimentaire alternatif à l'agriculture intensive et respectueux du vivant


L'appel pour Copenhague :

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.

Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

19.11.2009

Résister aujourd'hui comme hier

 

Ecoutons Stéphane HESSEL :

Comment résister aujourd'hui ?


http://desourcesure.com/bakchichtv/2009/11/resistance_pas...

07.11.2009

Eau : non-assistance à planète en danger

Eau : non-assistance à planète en danger, par Danielle Mitterrand

L'eau reste la première cause de mortalité dans le monde et tue 34 000 personnes chaque jour. L'actualité internationale nous montre que les guerres de l'eau sont aujourd'hui une réalité. Qu'attendons-nous pour faire de l'accès à l'eau un droit inaliénable ?

Que devient la mobilisation politique et sociale qu'appelait de ses voeux Mme Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, le 23 mars, à l'issue du dernier Forum mondial de l'eau à Istanbul ? Au lieu de cela, l'Etat français a signé le 15 octobre un partenariat pour l'organisation du prochain Forum mondial de l'eau à Marseille en mars 2012, avec ceux-là mêmes qui ont refusé, à Istanbul, de faire de l'accès à l'eau un droit.

La France laisse aux mains d'un Conseil mondial de l'eau - présidé par ceux dont la raison d'être est de faire de l'accès à l'eau une source de profit - l'avenir de l'eau dans le monde ! Il faut en effet rappeler ici que la présidence et la vice-présidence du Conseil mondial de l'eau sont assurées depuis 2005 par des dirigeants des deux multinationales françaises de l'eau, de l'environnement et de l'énergie.

Au lieu de cela, le gouvernement français continue de croire que, face au problème urgent que constitue le droit à l'accès à l'eau, les multinationales sont la solution. Peut-on attendre des sociétés dont l'objectif est de faire du profit, et qui y réussissent brillamment, qu'elles puissent régler la question de la gouvernance et du partage équitable de la ressource ?

Accès pour tous

En treize ans, le Conseil mondial de l'eau a favorisé la construction de plusieurs milliers de barrages et d'autres infrastructures très coûteuses. Dans le même temps, qu'a-t-il fait pour régler les conflits liés à l'eau entre Israël et les territoires palestiniens, entre le Soudan, l'Ethiopie et l'Egypte, entre la Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak, entre le Tibet et la Chine ?

Nous demandons que soit instaurée une gouvernance publique internationale pour la gestion et l'accès à l'eau pour tous ; que la conférence de Copenhague reconnaisse la nécessité et l'urgence d'un pacte mondial pour l'eau ; que la conférence de Copenhague entérine la création d'une organisation de régulation et de coopération internationale et indépendante, l'Autorité mondiale de l'eau, représentant notamment la société civile, les ONG, les associations de consommateurs, les associations environnementales, sociales et citoyennes.

Par l'intermédiaire de ses multinationales, la France a une lourde responsabilité dans l'appropriation par le secteur privé de la conduite de la politique mondiale de l'eau. Aujourd'hui, j'invite toutes celles et ceux qui, comme nous, s'indignent de la mainmise des marchands d'eau sur un bien commun de l'humanité à signer l'appel "Tous porteurs d'eau".

A Copenhague, nous avons la possibilité et le devoir de faire entendre un autre discours. Ne rien faire serait refuser de porter assistance à humanité en danger.

 

09.10.2009

Le gouvernement joue contre l'hôpital public

Projet de loi de financement de la sécurité sociale : le gouvernement renie ses engagements envers l’hôpital public.


Alors même que le gouvernement annonce urbi et orbi que la sécurité sociale joue son rôle d’amortisseur de la crise, on découvre qu’il vient de s’en prendre à l’hôpital public dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010.

En effet, il est prévu de ponctionner l’enveloppe du seul hôpital public d’un montant de 150M€ en alignant les tarifs de certains séjours sur celui des cliniques.

Cette mesure démontre d’abord qu’il n’est pas tenu compte du coût de la continuité et des exigences du service public, assumé par le seul hôpital public.

En procédant ainsi le Gouvernement renie ses engagements de report de la convergence tarifaire à 2018. Ceux qui croyaient à un soutien de ce gouvernement et de cette majorité, au service public hospitalier, seront déçus. Avec Nicolas Sarkozy, le gouvernement choisit une fois de plus de favoriser les établissements privés.

A travers un dispositif de tarification à l’activité opaque et confus, comme l’a souligné récemment la Cour des comptes, c’est l’hôpital public qui sert de variable d’ajustement.

Cette décision conforte le processus de mise à mal du service public hospitalier, structurellement organisé dans la récente loi dite « hôpital, patients, santé, territoires ».

Les parlementaires socialistes combattront énergiquement ces dispositions à l’occasion du débat sur le PLFSS 2010, qui s’engage dans quelques jours.

07.10.2009

La Poste : les Français doivent être entendus


On ne peut que se réjouir de l’ampleur de la mobilisation citoyenne pour sauvegarder le service public postal. Le comité national d’organisation de la votation citoyenne en a annoncé Lundi 5 octobre 2009 les résultats : 2 123 000 votants, 90% contre le projet de changement de statut et la transformation de l’établissement public en société anonyme.

Les Français ont montré leur attachement à La Poste, symbole fort du service public, garant des valeurs d’égalité et de solidarité.

Le projet du gouvernement ne porte aucune perspective de développement de l’entreprise. Il ne répond en rien aux besoins de la population, ni aux besoins financiers nécessaires à un établissement public ambitieux. Rien ne justifie ce changement de statut, ni les directives européennes, ni les règlements. En choisissant de transformer la Poste en société anonyme, ouvrant la voie à une privatisation rampante, la Droite fait un choix idéologique, le même que pour France Telecom transformé en SA en 1996 (Juppé), et pour Gaz de France en 2007. A l’époque, Nicolas SARKOZY avait pourtant assuré que GDF resterait public. Devant son manque de crédibilité sur le sujet, nous ne pouvons donc être que très réservés sur le projet gouvernemental.

Certes, il faut renforcer le service public postal en approfondissant sa nécessaire modernisation, pour le rendre encore plus efficace. Mais la rentabilité financière ne peut être l’unique critère de réforme.

Face à cet enjeu industriel, économique et social, les Français doivent être consultés. Le Parti socialiste demande donc au gouvernement d’organiser un référendum sur le sujet. Les parlementaires socialistes vont donc déposer un projet de loi sur le sujet qui sera examiné à l’Assemblée Nationale le 15 octobre prochain.

Le gouvernement ne peut ignorer l’expression de 2 193 000 français, de l’ensemble des syndicats, des forces politiques de progrès, de la mobilisation de milliers d’élus de toutes sensibilités.

Nous condamnons les propos méprisants de ses porte-parole et nous lui demandons d’entendre les citoyens en les consultant directement par referendum sur un projet qui engage l’avenir d’un service public auquel les Français ont clairement indiqué leur attachement en participant massivement à la Votation citoyenne de la semaine passée. Les Français doivent être entendus.

Le Parti socialiste participera aux initiatives du comité national. Il mobilisera l’ensemble de ses adhérents à travers une campagne nationale dans l’objectif d’obtenir ce référendum.

La journée mondiale du travail décent le 7 octobre

Le 6 octobre 2009

La journée mondiale pour le travail décent aura lieu le mercredi 7 octobre, à l’appel de la Confédération syndicale internationale.

Partout dans le monde, des salariés manifesteront avec leurs organisations syndicales pour obtenir le respect des normes sociales minimales au moment où les salariés, premières victimes de la crise, risquent d’être demain les premiers oubliés d’une éventuelle reprise de la croissance.

En France, cette journée sera aussi marquée par une mobilisation contre la poursuite des suppressions d’emplois dans la Fonction Publique, pour un véritable contrôle des licenciements boursiers, contre les mesures prévues par le gouvernement notamment la fiscalisation des indemnités journalières accident du travail.

Dans un contexte de dégradation des conditions de travail, d’explosion du chômage, d’augmentation de la précarité, du nombre de travailleurs pauvres et du stress au travail, le gouvernement diminue pourtant le budget alloué au travail et à l’emploi dans le projet de loi de finances 2010 (-3,5%).

Le Parti socialiste apporte tout son soutien à cette journée de mobilisation et appelle le gouvernement à prendre en considération les revendications exprimées par les salariés, en commençant par revoir les choix budgétaires du projet de loi de finances pour 2010.

06.10.2009

L’École ne se monnaye pas

L'école n'est pas une marchandise !


Le Parti Socialiste exprime sa totale opposition à la proposition du Recteur de l'académie de Créteil concernant la mise en place d'une cagnotte pour récompenser l'assiduité des élèves, dans trois lycées professionnels.


Notre Ecole est au service des jeunes. Elle a vocation à les accompagner, à être vecteur d’une transmission des savoirs de qualité, à leur donner les armes et les connaissances nécessaire à leur autonomie et à leur épanouissement. Cette démarche est tout simplement contraire aux principes de l'Ecole de la République. A l’heure où nous devons redonner confiance en l’École, redonner l’envie d’apprendre et réaffirmer que l’École est une chance et en aucun cas une contrainte, cette mesure nous semble dangereuse. L’École ne se monnaye pas.


Dans une société où les valeurs de justice sociale, de solidarité, sont, chaque jour, mises à mal, où l’individualisme le plus primaire gagne chaque jour du terrain dans l’univers de notre jeunesse, le Parti socialiste entend tout mettre en œuvre pour préserver les enfants et les jeunes d’un cadre de vie et d’apprentissage dont le cœur seront les valeurs marchandes.


Une fois de plus, on prétend, très maladroitement, s’occuper des effets – l’absentéisme des élèves- alors que l’urgence est à une refonte en profondeur de notre système éducatif : les structures des établissements et leur place dans la cité et dans la société de la connaissance, les rythmes scolaires -la journée, la semaine, les vacances-, les nouvelles pédagogies en donnant toute sa place à l’élève dans les processus d’apprentissage, le développement des savoirs informels, les missions et la formation de tous les personnels chargés d’éducation…





 

03.10.2009

Le parti socialiste doit être enfin entendu par les Français

 

En marge des journées parlementaires du Parti socialiste :

 

Article paru dans les Echos le 30/09/09

Les parlementaires socialistes se retrouvent aujourd'hui et demain à Toulouse pour leur « séminaire » de rentrée. Dans la Ville rose, ils vont tenter d'être audibles dans leur opposition à Nicolas Sarkozy en abordant des sujets de fond, comme la réforme des collectivités locales, la fiscalité, la protection sociale, le réchauffement climatique ou la « privatisation » de La Poste. La première secrétaire, Martine Aubry, viendra clôturer leurs travaux demain, quelques heures avant l'ouverture d'un nouveau scrutin interne. C'est, en effet, jeudi soir que les militants socia­listes sont appelés à se prononcer par référendum sur les fameuses « primaires ouvertes » pour la désignation du candidat à la présidentielle, sur le non-cumul des mandats ou sur les têtes de liste aux prochaines régionales. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, explique pour les « Echos » les enjeux de ces deux rendez-vous.


Le PS sort d'une séquence très cacophonique. Que pouvez-vous faire pour être enfin entendu par les Français ?


Il faut qu'il n'y ait qu'une seule parole au PS. Lors de notre séminaire parlementaire qui débute aujour-
d'hui à Toulouse, nous voulons être à l'initiative d'un débat d'idées et de propositions sur la crise et son après. Les opposants sont aussi des proposants et les Français pourront juger sur pièces les différences. Nicolas Sarkozy a multiplié les discours évoquant la rupture avec le système qui a engendré la crise : pas une réforme n'a été engagée dans cette voie.


Vous avez déposé plusieurs propositions de loi, dontune prévoyant l'instauration d'un salaire maximum.Quel en serait le mécanisme ?


Il y a deux cas de figure. En ce qui concerne les entreprises aidées par l'Etat, nous préconisons une rémunération maximale égale à 20 fois le salaire minimum pratiqué dans l'entreprise. Pour les autres entre­prises, nous souhaitons que les écarts de rémunération soient votés en assemblée générale sur proposition du conseil d'administration après consultation du comité de rémunération, où les salariés seraient représentés.

Par ailleurs, concernant les bonus, nous proposons que la rémunération complémentaire ne dépasse pas la rémunération fixe. Le salaire maximum, c'est un nouveau contrat social sur l'échelle des rémunérations. Cette proposition sera débattue le 15 octobre à l'Assemblée et la droite devra dire pourquoi elle s'y oppose. De même, elle devra se prononcer sur notre seconde proposition visant à interdire le crédit « revolving » qui plonge des milliers de ménages dans le surendettement.


Le gouvernement présente aujourd'hui son budget. Comment jugez-vous sa politique fiscale ?

C'est une nausée d'inégalités. Dans les quinze derniers jours, la droite a inventé deux taxes (la taxe carbone et la taxation des indemnités liées aux accidents du travail) et augmenté une troisième (le forfait hospitalier) ! Et dans le même temps, Nicolas Sarkozy refuse de toucher aux privilèges de ses clientèles fortunées : le bouclier fiscal, les niches fiscales, les droits de succession, les stock-options, les retraites chapeaux. Aujourd'hui, la France paie pour ses riches. C'est moralement indécent et absurde économiquement.


Que préconisez-vous ?

Abolir les privilèges exorbitants que je viens de citer. Réhabiliter la progressivité de l'impôt en adossant les prélèvements injustes comme la taxe d'habitation sur les revenus et en instaurant une cotisation qui porterait sur les plus hauts revenus. Il ne faut pas plus d'impôt, mais « mieux d'impôt », c'est-à-dire une fiscalité qui favorise la justice, le travail et l'investissement sur le privilège et la rente. Ce débat fiscal nous le collerons aux basques du président jusqu'en 2012. Nicolas Sarkozy, c'est « monsieur Taxes » au royaume des injustices.


Qu'il s'agisse de la taxe carbone ou du Grenelle 2,on a le sentiment que le message du PS sur l'environnement est un peu brouillé. Où vous situez-vous entre les Verts et Nicolas Sarkozy ?

Pour résoudre la question du réchauffement climatique, il ne suffit pas de repeindre son discours en vert. La taxe carbone est massivement impopulaire parce qu'elle s'inscrit dans un océan d'inégalités fiscales. La condition d'une acceptation de la fiscalité écologique est de l'inscrire dans une réforme globale et équitable fondée sur les principes du bonus-malus ou de pollueur-payeur, qui, eux, sont très bien compris. C'est ce que les élus socialistes pratiquent, concrètement, sur le terrain et que nous défendrons au Parlement.


...


PROPOS RECUEILLIS PAR RENAUD CZARNES ET STEPHANE DUPONT, Les Echo