09.12.2009

Urgence climatique, justice sociale

L' appel pour Copenhague

Rassemblement à Epinal devant la Préfecture le samedi 12 décembre à 14 h 30

Organisé par Ami-Bio, Association de Sauvegarde des Vallées et Prévention des Pollutions, AssociationVosges Eco-Construction, Attac Vosges, Ballast, Confédération Paysanne Vosges, DEMETER, Mousse citoyenne, Nature te Progrès, SNES-FSU, Terre Démocrate, Union Départementale des Associations Familiales, VEG Lorraine, Vosges alternative au Nucléaire, Vosges Ecologie, Vosges en Marche.

Soutenu par CAP 21, Le NPA, le Parti de Gauche, le Modem, les Verts Vosges


Des mesures véritablement alternatives et radicales sont nécessaires :

- Démocratisation et relocalisation de l'activité économique ; cela implique le soutien aux circuits courts, à l'économie sociale et solidaire, au secteur coopératif et au maintien des services publics de proximité.

- Promotion d'un plan de transports collectifs accessible à tous et tendant vers la gratuité

- Réorientation des investissements, notamment de recherche, vers des solutions qui engendrent l'efficacité énergétique. Ex : bâtiments basse consommation d'énergie

- Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux

- Taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l'énergie et des transports les plus polluants

-Retour à la régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire, au Nord, comme au Sud

-Promtion d'unmodèle alimentaire alternatif à l'agriculture intensive et respectueux du vivant


L'appel pour Copenhague :

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.

Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

19.11.2009

Résister aujourd'hui comme hier

 

Ecoutons Stéphane HESSEL :

Comment résister aujourd'hui ?


http://desourcesure.com/bakchichtv/2009/11/resistance_pas...

07.11.2009

Eau : non-assistance à planète en danger

Eau : non-assistance à planète en danger, par Danielle Mitterrand

L'eau reste la première cause de mortalité dans le monde et tue 34 000 personnes chaque jour. L'actualité internationale nous montre que les guerres de l'eau sont aujourd'hui une réalité. Qu'attendons-nous pour faire de l'accès à l'eau un droit inaliénable ?

Que devient la mobilisation politique et sociale qu'appelait de ses voeux Mme Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, le 23 mars, à l'issue du dernier Forum mondial de l'eau à Istanbul ? Au lieu de cela, l'Etat français a signé le 15 octobre un partenariat pour l'organisation du prochain Forum mondial de l'eau à Marseille en mars 2012, avec ceux-là mêmes qui ont refusé, à Istanbul, de faire de l'accès à l'eau un droit.

La France laisse aux mains d'un Conseil mondial de l'eau - présidé par ceux dont la raison d'être est de faire de l'accès à l'eau une source de profit - l'avenir de l'eau dans le monde ! Il faut en effet rappeler ici que la présidence et la vice-présidence du Conseil mondial de l'eau sont assurées depuis 2005 par des dirigeants des deux multinationales françaises de l'eau, de l'environnement et de l'énergie.

Au lieu de cela, le gouvernement français continue de croire que, face au problème urgent que constitue le droit à l'accès à l'eau, les multinationales sont la solution. Peut-on attendre des sociétés dont l'objectif est de faire du profit, et qui y réussissent brillamment, qu'elles puissent régler la question de la gouvernance et du partage équitable de la ressource ?

Accès pour tous

En treize ans, le Conseil mondial de l'eau a favorisé la construction de plusieurs milliers de barrages et d'autres infrastructures très coûteuses. Dans le même temps, qu'a-t-il fait pour régler les conflits liés à l'eau entre Israël et les territoires palestiniens, entre le Soudan, l'Ethiopie et l'Egypte, entre la Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak, entre le Tibet et la Chine ?

Nous demandons que soit instaurée une gouvernance publique internationale pour la gestion et l'accès à l'eau pour tous ; que la conférence de Copenhague reconnaisse la nécessité et l'urgence d'un pacte mondial pour l'eau ; que la conférence de Copenhague entérine la création d'une organisation de régulation et de coopération internationale et indépendante, l'Autorité mondiale de l'eau, représentant notamment la société civile, les ONG, les associations de consommateurs, les associations environnementales, sociales et citoyennes.

Par l'intermédiaire de ses multinationales, la France a une lourde responsabilité dans l'appropriation par le secteur privé de la conduite de la politique mondiale de l'eau. Aujourd'hui, j'invite toutes celles et ceux qui, comme nous, s'indignent de la mainmise des marchands d'eau sur un bien commun de l'humanité à signer l'appel "Tous porteurs d'eau".

A Copenhague, nous avons la possibilité et le devoir de faire entendre un autre discours. Ne rien faire serait refuser de porter assistance à humanité en danger.

 

09.10.2009

Le gouvernement joue contre l'hôpital public

Projet de loi de financement de la sécurité sociale : le gouvernement renie ses engagements envers l’hôpital public.


Alors même que le gouvernement annonce urbi et orbi que la sécurité sociale joue son rôle d’amortisseur de la crise, on découvre qu’il vient de s’en prendre à l’hôpital public dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010.
 
En effet, il est prévu de ponctionner l’enveloppe du seul hôpital public d’un montant de 150M€ en alignant les tarifs de certains séjours sur celui des cliniques.

Cette mesure démontre d’abord qu’il n’est pas tenu compte du coût de la continuité et des exigences du service public, assumé par le seul hôpital public.

En procédant ainsi le Gouvernement renie ses engagements de report de la convergence tarifaire à 2018. Ceux qui croyaient à un soutien de ce gouvernement et de cette majorité, au service public hospitalier, seront déçus. Avec Nicolas Sarkozy, le gouvernement choisit une fois de plus de favoriser les établissements privés.

A travers un dispositif de tarification à l’activité opaque et confus, comme l’a souligné récemment la Cour des comptes, c’est l’hôpital public qui sert de variable d’ajustement.

Cette décision conforte le processus de mise à mal du service public hospitalier, structurellement organisé dans la récente loi dite « hôpital, patients, santé, territoires ».


07.10.2009

La Poste : les Français doivent être entendus


On ne peut que se réjouir de l’ampleur de la mobilisation citoyenne pour sauvegarder le service public postal. Le comité national d’organisation de la votation citoyenne en a annoncé Lundi 5 octobre 2009 les résultats : 2 123 000 votants, 90% contre le projet de changement de statut et la transformation de l’établissement public en société anonyme. 

Les Français ont montré leur attachement à La Poste, symbole fort du service public, garant des valeurs d’égalité et de solidarité.

Le projet du gouvernement ne porte aucune perspective de développement de l’entreprise. Il ne répond en rien aux besoins de la population, ni aux besoins financiers nécessaires à un établissement public ambitieux. Rien ne justifie ce changement de statut, ni les directives européennes, ni les règlements. En choisissant de transformer la Poste en société anonyme, ouvrant la voie à une privatisation rampante, la Droite fait un choix idéologique, le même que pour France Telecom transformé en SA en 1996 (Juppé), et pour Gaz de France en 2007. A l’époque, Nicolas SARKOZY avait pourtant assuré que GDF resterait public. Devant son manque de crédibilité sur le sujet, nous ne pouvons donc être que très réservés sur le projet gouvernemental.

Certes, il faut renforcer le service public postal en approfondissant sa nécessaire modernisation, pour le rendre encore plus efficace. Mais la rentabilité financière ne peut être l’unique critère de réforme.

Face à cet enjeu industriel, économique et social, les Français doivent être consultés. Le Collectif contre la privatisation de la poste et pour le maintien de ce service public demande donc au gouvernement d’organiser un référendum sur le sujet. Les parlementaires socialistes vont donc déposer un projet de loi sur le sujet qui sera examiné à l’Assemblée Nationale le 15 octobre prochain.

Le gouvernement ne peut ignorer l’expression de 2 193 000 français, de l’ensemble des syndicats, des forces politiques de progrès, de la mobilisation de milliers d’élus de toutes sensibilités.

Les propos méprisants de ses porte-parole sont inacceptable. le gouvernement doit entendre les citoyens en les consultant directement par referendum sur un projet qui engage l’avenir d’un service public auquel les Français ont clairement indiqué leur attachement en participant massivement à la Votation citoyenne de la semaine passée. Les Français doivent être entendus.

La journée mondiale du travail décent le 7 octobre

Le 6 octobre 2009

La journée mondiale pour le travail décent aura lieu le mercredi 7 octobre, à l’appel de la Confédération syndicale internationale.

Partout dans le monde, des salariés manifesteront avec leurs organisations syndicales pour obtenir le respect des normes sociales minimales au moment où les salariés, premières victimes de la crise, risquent d’être demain les premiers oubliés d’une éventuelle reprise de la croissance.

En France, cette journée sera aussi marquée par une mobilisation contre la poursuite des suppressions d’emplois dans la Fonction Publique, pour un véritable contrôle des licenciements boursiers, contre les mesures prévues par le gouvernement notamment la fiscalisation des indemnités journalières accident du travail.

Dans un contexte de dégradation des conditions de travail, d’explosion du chômage, d’augmentation de la précarité, du nombre de travailleurs pauvres et du stress au travail, le gouvernement diminue pourtant le budget alloué au travail et à l’emploi dans le projet de loi de finances 2010 (-3,5%).

Cette journée de mobilisation doit être entendue par le gouvernement qui doit prendre en considération les revendications exprimées par les salariés, en commençant par revoir les choix budgétaires du projet de loi de finances pour 2010.

06.10.2009

L’École ne se monnaye pas

L'école n'est pas une marchandise !


La proposition du Recteur de l'académie de Créteil concernant la mise en place d'une cagnotte pour récompenser l'assiduité des élèves, dans trois lycées professionnels, est inacceptable.


Notre Ecole est au service des jeunes. Elle a vocation à les accompagner, à être vecteur d’une transmission des savoirs de qualité, à leur donner les armes et les connaissances nécessaire à leur autonomie et à leur épanouissement. Cette démarche est tout simplement contraire aux principes de l'Ecole de la République. A l’heure où nous devons redonner confiance en l’École, redonner l’envie d’apprendre et réaffirmer que l’École est une chance et en aucun cas une contrainte, cette mesure nous semble dangereuse. L’École ne se monnaye pas.


Dans une société où les valeurs de justice sociale, de solidarité, sont, chaque jour, mises à mal, où l’individualisme le plus primaire gagne chaque jour du terrain dans l’univers de notre jeunesse, tout doit être mis en œuvre pour préserver les enfants et les jeunes d’un cadre de vie et d’apprentissage dont le cœur seront les valeurs marchandes.


Une fois de plus, on prétend, très maladroitement, s’occuper des effets – l’absentéisme des élèves- alors que l’urgence est à une refonte en profondeur de notre système éducatif : les structures des établissements et leur place dans la cité et dans la société de la connaissance, les rythmes scolaires -la journée, la semaine, les vacances-, les nouvelles pédagogies en donnant toute sa place à l’élève dans les processus d’apprentissage, le développement des savoirs informels, les missions et la formation de tous les personnels chargés d’éducation…





 

29.09.2009

EDF-Veolia, une nouvelle atteinte au service public

Un rapprochement EDF-Veolia constituerait une « aberration industrielle »

Après l'annonce de la future nomination d'Henri Proglio, actuel PDG de Veolia Environnement, à la tête d'EDF, le Parti socialiste a dénoncé « une nouvelle concentration de l'économie française entre les mains de quelques-uns » et récusé un éventuel rapprochement entre EDF et Veolia, qui constituerait une  aberration industrielle.

« La nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF, qui pourrait de surcroît rester au cœur de la gouvernance de Veolia, marque une nouvelle concentration de l'économie française entre les mains de quelques-uns, que le Parti socialiste dénonce », déclarent dans un communiqué le secrétaire national à l'industrie, Guillaume Bachelay, et la secrétaire nationale à l'énergie, Aurélie Filipetti.

« Le rapprochement d'EDF avec Veolia ne repose sur aucun fondement économique », insistent-ils. « Allier l'eau et l'électricité n'a d'autre sens que d'éloigner un peu plus encore EDF de son statut d'entreprise publique. Le Parti socialiste récuse cette aberration industrielle, cette volonté de “ normaliser ” l'entreprise EDF et le flou persistant quant à sa stratégie à long terme ».

 Nicolas Sarkozy « fait décidément le choix de placer l'avenir énergétique de la France dans les mains d'intérêts privés. Le gouvernement opte pour une logique financière aux effets connus : hausse des tarifs, réduction des investissements pour la sûreté des sites, dégradation du service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés », accuse-t-il, estimant que « l'exemple récent de la fusion GDF-Suez en témoigne cruellement ».

Le Président de la République et le nouveau président d'EDF doivent  nfin déployer une politique industrielle dans le domaine énergétique qui garantisse la pérennité des entreprises, la sécurité des installations et des opérations, la viabilité des missions de service public ». 

Encore une nouvelle dégradation sur le front de l’emploi

Encore une nouvelle dégradation sur le front de l’emploi : le gouvernement inactif face à l’urgence sociale


Le nombre de demandeurs d’emploi continue d’augmenter en août par rapport à juillet avec 18.100 personnes supplémentaires touchées par le chômage. Plus que jamais, la France est en situation d’urgence sociale, alors que l’on n’attend pas de redémarrage de l’emploi avant fin 2010.

Cette augmentation a lieu alors que les entrées pour fin de CDD ou de mission d’intérim reculent. Les effets de la crise commencent à toucher le noyau dur des salariés. Les licenciements économiques sont en hausse de 3%.  Les nombreux plans sociaux risquent de ne produire leurs effets que dans les mois à venir, amplifiant une crise sociale déjà très forte.

Et ces chiffres ne traduisent pas toute l’ampleur du drame. Il faut rappeler que les salariés victimes d’un licenciement économique bénéficiant d’un contrat de transition professionnelle ou d’une convention de reclassement personnalisée n’apparaissent pas dans ces chiffres puisqu’ils sont considérés comme stagiaires de la formation professionnelle.

Ces chiffres désastreux ne représentent que la partie la plus visible des effets de la crise sur l’emploi. Soumis à la pression de la crise et à la peur du chômage, les salariés subissent une dégradation de leurs conditions de travail. Le stress au travail progresse.

Pourtant, le gouvernement ne prend toujours pas les mesures nécessaires de relance et de soutien à l’emploi. Les derniers chiffres de la croissance ne doivent pas conduire à l’illusion d’une reprise. Le chômage va continuer d’augmenter dans les mois à venir.

Dans ces conditions, prétendre, comme l’a fait le Président de la République, que la France a le meilleur plan de relance est indécent. Il est bien le seul à croire ces mensonges. La faiblesse du plan de relance français lui est d’ailleurs reprochée par de nombreux pays qui l’accusent de ne pas prendre suffisamment part aux efforts collectifs.

Au G20, la question de l’emploi et l’urgence de remettre la finance au service de l’économie réelle est restée au deuxième, voir au troisième plan. Alors que les profits repartent pour ceux qui ont été à l’origine de la crise, les salariés restent à l’écart.

Nicolas Sarkozy et le G20 : “Paroles, paroles…”

Par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène - blog " De près, de loin"

La plupart des médias nous parle d’un G20 réussi et, reprenant les mots du président français, déclarent fièrement qu’"un ordre nouveau apparaît"… Rien que ça!

Mais quels seraient les signes d’une telle "révolution mondiale"? Lorsque l’on reprend les propositions retenues par les 20 pays les plus industrialisés, on ne voit pas poindre le moindre espoir.

"Chaque pays doit faire en sorte que l’emploi se reconstitue rapidement" : quelle contrainte sociale? "Maintenir les mesures de soutien à l’activité économique jusqu’à ce que la reprise soit assurée" : quelle méthode? "Application de sanctions à partir de mars 2010 à l’encontre des paradis fiscaux qui refusent d’échanger des informations sur les comptes litigieux de contribuables étrangers" : quelle crédibilité quand nous apprenons dans le même temps que la Suisse vient de sortir de la liste établie par l’OCDE? "Augmentation du capital des banques pour les prémunir en cas de pertes importantes" : quelle garantie sur la modification des comportements bancaires alors que certains États comme la France refusent d’entrer dans les conseils d’administration et ne légifèrent nullement sur les abus bancaires? "Augmentation du pouvoir des superviseurs nationaux" : pourquoi ne pas créer, comme beaucoup l’ont proposé, une organisation mondiale de la finance?

Bref, comme on pouvait le craindre, ce G20 fut vain…

Mais si ni Barack Obama, ni Angela Merkel, ni Gordon Brown n’annoncent à leurs concitoyens un changement radical de l’ordre mondial, il n’en est pas de même concernant Nicolas Sarkozy qui ne cesse de laisser entendre qu’il serait le "leader mondial" d’un nouvel "ordre mondial juste" (expression de Ségolène Royal qu’il moquait largement en 2007).

Encore cette semaine, le chef de l’État s’est prêté à un exercice qu’il apprécie tout particulièrement : accorder une interview à David Pujadas et Laurence Ferrari. Adoptant une mine grave, il déclame, comme le rappelle si justement le blogueur "Sarkofrance" "une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques, sans contradiction ni relance de la part des deux journalistes". Nicolas Sarkozy ne cesse de détourner l’attention des Français et ainsi de parler "bonus" et "paradis fiscaux" plutôt que "chômage", "bouclier fiscal" et "relance". Mais il ne peut que s’empêtrer dans ses mensonges : contrairement à ses dires, il n’a pas convaincu l’Union européenne d’imposer un plafonnement des bonus bancaires ; et ni les paradis fiscaux ni le secret bancaire n’ont été supprimés. Tout cela, il le sait. D’ailleurs, lui-même ne cherche pas à changer l’ordre des choses : il sait pertinemment qu’il ne pourra rien modifier, mais surtout, ne le souhaite pas tant l’état actuel du monde convient à sa vision individualiste de la société.

Il serait peut-être temps de rappeler à notre chef de l’État que la politique n’est pas affaire de communication mais d’actes concrets. Si ces interventions à la tribune onusienne furent de bonne tenue et marquées à gauche, elles sont d’une mauvais foi scandaleuse. Il est facile de parler comme Jean Jaurès ou Léon Blum, mais c’est une autre paire de manche lorsqu’il s’agit de concrétiser les belles paroles sur le terrain.

Sans doute habitués aux déclarations grandiloquentes et quelques peu hypocrites du président français, ses interventions à l’ONU ou au G20 n’ont pas eu l’écho escompté auprès de la presse étrangère.

Ce qui a pu en revanche retenir l’attention de certains journalistes étrangers, c’est la fête organisée par l’ambassade de France mardi soir pour Nicolas Sarkozy : 400 000 euros aux frais du contribuables pour quelques 4 000 invités. La morale, l’éthique et la rigueur ne sont décidément pas pour tout le monde…

En France, la réalité, dont les médias parlent si peu et que le président de la République occulte tant qu’il peut par des discours indécents (tant ils sont mensongers), est toute autre : 32 200 chômeurs en plus en août et 92% des Français qui considèrent que la précarité est en nette hausse…

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène