28.11.2006

Nomexy liquidée !

Nomexy liquidée !

« Nous convertissons le redressement judiciaire de la Filature de Cheniménil en liquidation afin de garantir le droit des salariés », résume le président du tribunal de commerce devant les 103 salariés. Tout a commencé par la liquidation de Parthenay dans les Deux-Sèvres l’an passé, puis le 30 mai dernier celle de Cheniménil. Aujourd’hui c’est l’unité de Nomexy qui est touchée.                      

Communiqué de presse :

«  J’exprime toute ma solidarité avec les 103 salariés de la Filature de Nomexy et je partage, non seulement leurs préoccupations  et celles de leurs familles, mais aussi leur colère.

Comment avoir laissé se dégrader ainsi la situation des employés du textile sans avoir anticipé  une politique de formation et de reconversion ? Comment rester insensible à cette vague du libéralisme, de l’hyper concurrence et du tout marché qui balaie tout sur son passage ? Comment se contenter d’afficher un fatalisme compassionnel et ne pas opposer plus de volonté politique ?

La Filature de Nomexy est un outil industriel performant qui a pu se moderniser grâce aux aides publiques et qui va maintenant partir en fumée, happée dans le système du tout profit et du désengagement des dirigeants d’une holding que la loi n’oblige même pas à rembourser l’Etat, ni à verser les derniers salaires et les indemnités aux salariés puisqu’ils seront pris en compte par le régime de garantie des salaires, donc la collectivité. Quel formidable gâchis !  

Il faut des lois protectrices de l’emploi, des salariés  et des entreprises,  qui mettent  les hommes et les territoires au cœur du développement économique. »

Marie-France Glaudel

Le 28 novembre 2006

       

25.11.2006

Journée internationale du 25 novembre

Journée internationale du 25 novembre

A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, j’ai poussé la porte du CEDIFF d’Epinal. ( Centre d’information des femmes et des familles )

J’y ai rencontré la Présidente, Claudine Renard et la Directrice, Christine Hantz. 

Des femmes ont mené leur combat au sein d’ Associations pour que soient prises en compte des situations de détresse invivables pour les femmes et traumatisantes pour leurs enfants. Des Ministres ont mis en place une politique de lutte contre les violences avec notamment la loi de 92 sur les violences conjugales.

C’est aussi grâce à la création d’espaces d’écoute et d’accueil, de conseils juridiques, de campagnes d’information, comme cela se fait au CEDIFF,   que  les femmes  osent enfin parler et affronter la réalité parce qu’elles se sentent soutenues et accompagnées. C’est aussi grâce à la reconnaissance pénale du délit de coups et blessures dans la sphère privée, de la violence qui s’exerce au sein de la famille  que les femmes ont cette possibilité de dire stop quand elles n’en peuvent plus de subir.

Et malgré cela, une femmes meurt tous les trois jours en France suite aux coups et blessures que lui inflige son conjoint. La violence envers les femmes est en hausse de 12% et elle s’exerce dans toutes les catégories sociales et toutes les tranches d’âge. En revanche, les femmes qui exercent une activité professionnelle et qui ne sont pas financièrement dépendantes mettront plus facilement un terme à cette situation.

L’éducation, le niveau de formation, l’accès à l’emploi, l’égalité professionnelle, la création d’ un service public de la petite enfance avec un service de garde des enfants vraiment accessible à toutes et à tous sont autant de facteurs concrets d’émancipation et de maîtrise de leur destin pour les femmes. 

Marie-France Glaudel

Le 25 novembre 2006

 

 

 

  

 

 

 

18.11.2006

Non à la loi de prévention de la délinquance !

Non à Sarkozy ! Non à la loi de provocation de la délinquance !

Le projet de loi de «prévention de la délinquance » présenté par Nicolas Sarkozy est examiné en ce moment à l’assemblée. Ce texte est inefficace, dangereux, populiste et liberticide : il doit provoquer une mobilisation citoyenne sans précédent pour la défense des libertés. Le temps est venu de mettre un coup d’arrêt au ministre de l’Intérieur. Il ne peut plus continuer à taper dans le tas ainsi pour cacher son inefficacité. Son populisme pénal ronge la République, son délire sécuritaire fait exploser la violence.


Cette loi n’a rien à voir avec la prévention de la délinquance, il suffit d’en connaître quelques mesures pour s’en convaincre :

-         obligation de délation pour les travailleurs sociaux

-         possibilité pour les maires de mettre sous tutelle les allocations familiales à la place des juges

-         alignement des sanctions des mineurs sur celle des majeurs, ce qui va amener plus de mineurs en prison, à l’école de la récidive

-         fichage des enfants…


Stigmatiser les classes populaires, surveiller les populations, contrôler les familles, pénaliser la misère. Après « les infractions de la pauvreté » de la loi sécurité intérieure du 18 mars 2003 (mendiants, prostitués, nomades, étrangers..), dans la loi de «prévention de la délinquance » il n’y a plus de frontière, entre absentéisme scolaire et problèmes sociaux, suppression ou mise sous tutelle des allocations familiales et travail d’intérêt général, on incarcère les malades et on hospitalise les délinquants, on judiciarise l’aide sociale et les maires deviennent des shérifs.


Nous n’ignorons pas l’émergence d’une société qui n’a jamais été aussi violente. Encore pourrait-on discuter longuement de la nature de cette violence, certes physique mais aussi économique, sociale, institutionnelle et qui pousse les mineurs à fuir la police dite de « la République » y compris lorsqu’ils n’ont rien à se reprocher, au risque de mourir électrocutés pour se cacher. Nous refusons cette fuite en avant où la répression alimente la violence.

Nous demandons le retrait de cette loi.

signez la pétition

En ligne sur www.preparonslechangement

07.11.2006

Quel avenir pour les 103 salariés de la Filature de Nomexy ?

Quel avenir pour les 103 salariés de la Filature de Nomexy ?

Les craintes exprimées fin septembre sur le sort de la Filature de Nomexy se confirment : elle ne peut plus poursuivre le règlement des loyers dus à la holding constituée par le PDG François-Régis de Cèze . Aujourd’hui 7 novembre, elle a été mise   en redressement judiciaire par le Tribunal de Commerce d’Epinal pour une durée de six mois.

Je suis allée soutenir les salariés dont la majeure partie étaient présents dans la salle des pas perdus du palais de justice. Lorsque je suis arrivée, la confusion était grande, le juge n’avait pas été clair dans l’énoncé du verdict. Cela pouvait être la liquidation !  J’ai pu ressentir toute la peine, le désarroi de ces hommes et de ces femmes suspendus au verdict : qu’allaient-ils devenir  s’ils perdaient leur emploi ? Et puis ils avaient aussi le sentiment d’être juste corvéables et jetables comme des bons à rien ! C’est avec émotion  que j’ai prononcé quelques mots de soutien aux uns et aux autres, avant de rencontrer les journalistes et les délégués du personnel auxquels j’ai dit qu’il était important de se battre :

« Dans les Vosges on entend dire  très souvent que le textile, c’est fini. Personne n’a le droit de le prétendre sans trouver des réponses pour les 4500 salariés du textile que compte encore aujourd’hui notre département. Il est important de se battre pour préserver l’emploi, en particulier par une anticipation sur l’avenir. Il est primordial de favoriser l’innovation et la recherche, mais aussi la formation des salariés. Ensuite comme tous les problèmes du textile se vérifient dans tous les départements de France concernés par cette industrie, il est important de créer une agence nationale de la réindustrialisation, toujours pour stimuler l’emploi. Enfin, je voudrais souligner que les Entreprises qui ont bénéficié de fonds publics, comme la filature de Nomexy, et qui en dépit de cela bradent leur outil ou délocalisent, doivent rembourser ces subventions. Le programme du Parti socialiste le prévoit et nous tiendrons nos engagements. » 

 

De retour dans la salle du tribunal, nous apprenons de la bouche du juge que finalement, la filature obtenait un sursis. Les salariés y croient sans y croire. Ils espèrent bien voir l’entreprise poursuivre son activité et leurs emplois sauvés, mais pour combien de temps ? Six mois qui pourraient être mis à profit pour envisager l’avenir ou quelques semaines ? « J’espère que nous n’allons pas être licenciés pour Noël ! » confie un représentant du personnel.

A Epinal, le 7 novembre 2006

Marie- France Glaudel  

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