15.02.2007

Chaîne de la victoire

Marie-Noëlle Lienemann :

Avec 70 femmes, je fais partie de la chaîne de la victoire pour faire gagner la gauche et la candidate du PS Ségolène Royal. Il y a urgence à changer de politique et à assurer à chacun dans ce pays un droit effectif à un logement décent. Le logement est devenu trop cher, le logement social trop rare !

Et ça ne tombe pas du ciel, la spéculation immobilière et foncière que la droite a entretenue crée une hausse des loyers et des prix en total décalage avec le pouvoir d’achat de nos concitoyens et qui est devenue insupportable. On construit davantage, c’est vrai, mais les logements réalisés ne correspondent pas du tout aux besoins et sont réservés à ceux qui sont le plus aisés dans notre société. Alors le logement social sous toutes ses formes est en panne qu’il s’agisse de la location ou de l’accession à la propriété.
Quand les Don Quichotte se mobilisent pour dénoncer un scandale, ils mettent en évidence la partie la plus inacceptable d’une crise plus large qui concerne de plus en plus de gens. Vous pouvez penser aux jeunes qui ont du mal à s’installer, aux couples qui divorcent et aux 1 Million 300 000 demandeurs de logements sociaux.

Il faut une autre politique et c’est bien ce que nous proposons.
D’abord nous proposons un bouclier logement de telle manière que nous limitons à 25 % le montant des dépenses de logement pour les ménages modestes. Ensuite, il faut construire beaucoup de logements sociaux. Nous nous engageons sur 120 000 logements sociaux par an et surtout nous disons que l’Etat se substituera aux maires qui n’appliquent pas le quota de 20 % : la mixité sociale, c’est la fraternité dans nos villes, c’est le vivre ensemble. Nous voulons créer un service public de la caution, je l’avais appelé la couverture logement universelle. L’idée est simple, d’un côté le locataire est garanti, il ne devra pas débourser de dépôt de garantie, on se substitue à lui mais aussi le propriétaire est sécurisé, il est sûr de toucher le loyer.

Enfin, il n’est pas acceptable qu’il y ait des avantages fiscaux, des aides publiques qui ne soient données sans condition, sans contrepartie, nous les connaissons ces contreparties, ça doit être la modération des loyers.
Relancer le logement social, c’est bien sûr le locatif mais c’est aussi l’accession à la propriété, l’accession pour les couches modestes, c’est pourquoi nous proposons d’élargir le prêt à toux zéro qui ne recouvre aujourd’hui qu’une part infime de ce qui est nécessaire pour pouvoir acheter un appartement ou une maison.

Et puis il y a bien sûr les plus démunis, il est nécessaire que chaque commune prenne sa part dans la solidarité en créant des places d’hébergement d’urgence : une pour 1000 habitants. Il y aura des sanctions financières ou des sanctions plus fortes encore si les communes ne font pas ces effort et surtout nous remobiliserons les logements vacants.

Comment expliquer qu’il y ait tant de logement vide parfois à cause de la spéculation et tant de gens dehors ? 

Alors oui, pour nous, le droit au logement doit être opposable.
Ca doit devenir un grand droit républicain, mais nous ne voulons pas que cette belle idée soit discréditée parce que les moyens ne sont pas au rendez-vous. Nous nous donnerons les moyens du droit au logement.

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