20.03.2007
Pour "une véritable révolution éducative"
Priorité à l’éducation
La droite, en 5 ans, a détruit 125 000 emplois de professeurs, aides éducateurs, médecins scolaires et surveillants. Pourrait-on croire, ne serait-ce que l’espace d’une minute en ses promesses, notamment celles de l’ ancien ministre de l’éducation nationale Bayrou qui n’aurait de cesse, comme son homologue Robien, ou encore le ministre candidat Sarkozy, de privilégier l’enseignement privé et de retirer des postes, fermer des classes et proposer un savoir au rabais. Jamais les enseignants ne se sont sentis, même aux heures les plus sombres du dégraissage du mammouth, aussi peu considérés et aussi peu confiants en l’avenir, tant leurs conditions de travail se dégradent et tant l’espoir de faire réussir leurs élèves s’amenuise. Jamais encore le parcours éducatif était à ce point devenu une variable d’ajustement budgétaire laissant au bord du chemin des dizaines de milliers d’enfants sortir du système sans qualification et tant d’établissements manquer de professeurs, de surveillants, de personnels médicaux, de psychologues, de conseillers d’orientation, de conseillers principaux d’éducation, de personnels ouvriers et de services.
Ségolène Royal dans son pacte présidentiel s’engage à garantir les moyens de la mission des enseignants, ce qu’elle considère comme un devoir face à la crise sociale et ses effets dévastateurs. Si elle est élue présidente de la république, elle organisera dès le mois de mai 2007 des Etats généraux de la réussite scolaire et elle rétablira pour la rentrée les moyens qui ont été retirés à l’école. Il s’agit en effet de répartir ces moyens de la manière la plus efficace pour améliorer les conditions de travail, d’un côté, et la réussite éducative, de l’autre.
Et il s’agit aussi de montrer la reconnaissance de la nation à ses enseignants à travers leur évolution de carrière, leur formation et leur pouvoir d’achat. Aussi Ségolène Royal s’engage-t-elle à édicter un plan pluriannuel de prérecrutement, de recrutement et de création d’emplois. Elle s’engage notamment à faire voter au Parlement une loi de programmation afin d’apporter sur les cinq années de la législature les moyens pour sécuriser, apaiser, harmoniser les relations entre la nation et l’école, car il faut en finir avec les angoisses des fermetures de classes et les redéploiements qui frappent le système scolaire à chaque rentrée.
Les principaux engagements de Ségolène Royal :
- pour lutter contre les inégalités, instituer un service public de la petite enfance, car c’est là que se trouve la première inégalité entre les familles
- établir la scolarité obligatoire dès trois ans
- instituer « l’école ouverte » pour épauler ceux qui en ont le plus besoin après les heures de cours, c’est-à-dire le soutien scolaire gratuit dans l’école de la République, assuré soit par des enseignants bénéficiant d’une rémunération supplémentaire, soit en faisant appel à des personnels qui puissent les aider dans ce travail individualisé : c’est ce que Ségolène Royal appelle l’ordre éducatif juste
- garantir une vraie gratuité de l’école de la République, car c’est à la puissance publique de réparer les injustices nées de la société
- limiter à 17 le nombre d’élèves en CP et CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire
- réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire
- renforcer la présence des adultes dans les établissements
- créer des emplois-parents, généraliser les écoles des parents et les consultations de médiations familiales pour les aider à conforter leur autorité
- soutenir la création et l’emploi culturels parce que la culture est un levier de la réussite scolaire
- inscrire l’éducation artistique et la pratique à tous les niveaux, de la maternelle à l’université
- refuser que la vie d’un adolescent soit déterminée à quatorze ans dans l’apprentissage, insérer au contraire, afin de développer toutes les formes d’intelligence, l’apprentissage dans le parcours scolaire
- assurer la pleine maîtrise de notre langue nationale pour chaque enfant de ce pays, car elle est le savoir des savoirs, la porte qui ouvre aux autres disciplines et le meilleur rempart contre l’exclusion
- engager une loi d’orientation et de programmation pour l’enseignement supérieur et porter en cinq ans la dépense par étudiant au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE
- créer un service public d’orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière, refonder l'orientation afin que le collège ne soit plus le lieu du tri social, améliorer la transition primaire/secondaire, revaloriser l'enseignement professionnel
- créer une allocation autonomie pour les jeunes, sous condition de ressources, avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée dans la vie active
- engager le chantier national proposé par le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale
Ségolène Royal n’engagera pas la construction d’un deuxième porte-avions et attribuera la valeur dégagée par cette marge de manœuvre supplémentaire à l’éducation nationale.
La meilleure formation initiale ne saurait se passer de la formation continuée, et la deuxième priorité de Ségolène Royal sera d’inventer la formation tout au long de la vie, c’est-à-dire :
- créer un compte éducation-formation dont chacun disposera à la fin de la scolarité obligatoire et qui sera d’autant mieux doté que la formation initiale aura été insuffisante
- inscrire dans le contrat de travail des périodes de formation
- instaurer la sécurité sociale professionnelle qui comprendra des périodes de formation professionnelle rémunérées
Parce que jamais l’école laïque n’a été aussi maltraitée, mutilée, jamais les enseignants n’ont été autant méprisés et leurs conditions de travail autant détériorées. Alors, ce n’est pas Bayrou qui a voulu par le passé remettre en cause les lois Falloux, au service de l’école privée ou Sarkozy qui propose une vision libérale d’une école condamnée au marché, qui peuvent apporter les solutions !
Pour nous, l’éducation reste une priorité absolue, car nous ne pouvons laisser sur le bord de la route les 150 000 enfants qui sortent actuellement du système scolaire sans qualification suffisante, car nous pensons que l’école laïque est le lieu d’apprentissage du « vivre ensemble » et le savoir, l’outil d’émancipation et d’épanouissement pour chacun.
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