16.03.2007

La vie des territoires ruraux

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Dans le cadre de la présentation du Pacte présidentiel de Ségolène Royal, j’ai animé le 13 mars à Charmois l’Orgueilleux une réunion du changement sur la vie des territoires ruraux.

Il s’agissait d’envoyer un message fort en direction du monde rural, dans ce canton situé au cœur de l’espace rural de la Vôge. La première circonscription, à l’image de la France est constituée de 50% de zones rurales,  c’est dire tout l’intérêt que nous attachons à venir dialoguer avec tous les habitants de ces espaces, agriculteurs, mais aussi 90% des populations qui n’ont aucun lien avec l’agriculture. Les espaces ruraux en effet ne peuvent être seulement des espaces dortoirs, c’est pourquoi notre souci d’égalité doit nous pousser à fournir à leurs habitants les mêmes chances de réussite  et la meilleure qualité de vie possible.

On pense au développement des transports collectifs, au réseau ferré quasi inexistant, plutôt vétuste et aux déplacements coûteux en carburants pour se rendre sur son lieu de travail. On pense au désenclavement technologique, ADSL ou téléphonie mobile. On pense surtout aux moyens d’éducation et de formation, à l’accès à la santé avec toute la problématique de la désertification médicale et des hôpitaux ruraux. La présence de l’école dans les communes rurales et les services de cantine et de garderie sont des éléments clés de la survie des territoires et une préoccupation majeure des élus et des citoyens.

On pense à l’accès à la culture et au sport. Et on pense aux services en direction de la petite enfance les crèches notamment,  en direction de l’enfance, de la jeunesse, des personnes âgées. Grâce à ces services, on peut obtenir dans cette vie rurale, même si on habite dans des hameaux isolés, une qualité de vie meilleure que celle que l’on trouve dans les banlieues des grandes agglomérations.

Cela nous amène à penser l’agriculture différemment, loin des schémas libéraux et des désordres mondiaux, vers plus de régulation dans les relations commerciales, avec une prise en compte des problèmes d’alimentation, de la faim dans le monde, de la qualité sanitaire des aliments, de la protection des ressources naturelles, notamment de l’eau et la santé des consommateurs. Ainsi les 100 000 tonnes de pesticides déversés chaque année sur le territoire national ne sont pas sans conséquences sur la santé, comme le sont les OGM que l’on expérimente en plein champ. Il y a aussi derrière l’agriculture le problème de l’environnement et de l’aménagement du territoire.

Derrière la problématique du maintien de l’activité agricole, il y a aussi le démantèlement de tous les outils de régulation de la PAC, avec l’abaissement de 60% des droits de douane sur les importations de viande bovine, venue essentiellement d’Amérique du Sud, remettant en cause des pans entiers de l’espace rural.

Face à cette politique ultra libérale nous avons besoin d’instruments de régulation et de politiques publiques.

Nous devons répondre aux attentes de nos concitoyens des territoires ruraux qui souhaitent vivre dans des territoires vivants, avec une agriculture qui soit diversifiée et durable.

Et pour éviter toute fracture territoriale et sociale, nous avons besoin de services publics performants et de financements publics importants dont la décentralisation Raffarin nous a privés, alors que l’Etat devrait palliera travers une péréquation aux inégalités et répondre aux besoins des citoyens. Les communautés de communes peuvent apporter des réponses aux inégalités territoriales, à condition qu’elles soient vécues comme une véritable coopération intercommunale, sans spoliations des uns ou des autres, qu’elles soient vécues comme des instruments de solidarité, de démocratie et d’égalité et qu’elles définissent des compétences au service des citoyens.

Face à une politique libérale qui a une vision purement comptable, Ségolène Royal démontre par la preuve qu’elle a le souci des populations des territoires en proposant comme elle l’a fait en Poitou-Charente des schémas régionaux d’aménagement du territoire, des contrats de plans rénovés afin de mutualiser les ambitions, de pendre en compte les départements et les distances, les services publics et l’égalité devant l’accès  aux soins.

A travers son pacte présidentiel, Ségolène Royal propose :

Des services publics présents sur tous les territoires, accessibles sur internet avec la généralisation des logiciels libres dans l’administration

La revalorisation des petites retraites ( + 5% ), leur paiement mensuel et les retraites sécurité sociale le premier jour de chaque mois

L’accès au logement social de qualité, y compris dans l’espace rural

Un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans afin d’assurer la maîtrise de la langue parlée et aussi le soutien scolaire gratuit

En matière de santé :

La création de dispensaires dans les zones rurales et l’égalité territoriale d’accès aux soins

La carte santé/jeunes pour les 16-25 ans avec une consultation gratuite tous les semestres

Des moyens renforcés pour la médecine scolaire et du travail

Le développement du maintien à domicile des personnes âgées

L’augmentation du nombre de places dans les structures d’accueil existantes  et une meilleure formation et qualification du personnel.

Pour l’excellence environnementale :

Des énergies renouvelables  à hauteur de 20% en 2020 pour préparer l’après-pétrole et réduire la part du nucléaire, permettant la création de 70 000 emplois

Des économies d’énergie grâce à l’isolation des logements, créant ainsi 80 000 emplois

Des transports collectifs et un prélèvement exceptionnel sur les superprofits des sociétés pétrolières

Le principe pollueur-payeur et donc la responsabilisation des entreprises dans leur atteinte à l’environnement

Une éco-redevance pour le transport des marchandises par la route afin de décourager le transport par camion et développer le fret vers le rail

Pour une agriculture respectueuse de l’environnement et une alimentation de qualité :

Favoriser la valeur ajoutée de nos produits agricoles en améliorant les revenus et aidant l’installation des jeunes

Une transparence de la PAC pour les aides agro-alimentaires et la transparence dans la répartition des aides

Une aide directe de la région à l’agriculture

La contribution des agriculteurs à fournir des énergies renouvelables : biomasse, agrocarburants, biogaz, fermes éoliennes

Arrêt des essais OGM en plein champ et débat public afin de ne pas handicaper les cultures conventionnelles et préserver le développement de l’agriculture biologique

Programme national de l’utilisation des pesticides

Les territoires ruraux veulent vivre et se développer, tout en préservant leur  qualité de vie et protégeant leur environnement : ils participent ainsi au maintien de l’équilibre et de la bio-diversité. Leurs habitants ont droit aux mêmes possibilités de réussite que les habitants des villes. Mais cessons d’opposer les deux et rendons possible entre eux la solidarité, l’égalité et la complémentarité.

 

       

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