09.04.2007
Une industrie encouragée par une croissance dynamisée
Ségolène Royal veut lutter contre les délocalisations et la désindustrialisation en proposant des mesures ambitieuses pour encourager l’industrie et dynamiser la croissance.
Alors que les délocalisations et les fermetures de sites se poursuivent à un rythme soutenu, nous assistons à une menace de disparition de pans entiers de certains secteurs. C’est le cas du textile, de la sous-traitance automobile et de l’industrie du papier et du carton, nous en sommes les premières victimes ici dans les Vosges. Mais aussi de l’électronique partiellement, de l’aéronautique,…
De plus en plus des groupes multinationaux ou des fonds d’investissement ayant recours à l’effet multiplicateur de montages financiers organisent la mise en faillite et en déficit de certaines entreprises.
Ils redéploient ensuite des activités similaires ailleurs en s’appropriant au passage une marque, des brevets, des savoir- faire et techniques acquis au cours du temps. Dans tous les cas ce sont des pertes importantes d’emplois, des régions déstabilisées et une véritable hémorragie industrielle.
En 25 ans, la part de l’industrie dans le PIB est ainsi tombée de 30% à 20% et les emplois directs liés à l’industrie passent de 24 à 15% du total. Rien que pour l’année 2006, ce sont plus de 70 000 emplois industriels qui ont disparu.
Au cours de ces cinq dernières années l’absence de vision stratégique des gouvernements successifs est criante : le déficit commercial de la France dépasse 55 milliards d’euros en deux ans. Depuis 2002, la part du marché de l’économie française dans les exportations de l’Union européenne a perdu 10 points.
Dans le même temps, la croissance est en berne : de 1,5% depuis 2002, elle atteint péniblement 2% en 2006. Cela représente 1 point de moins que la croissance OCDE et 0,7 point de moins que la zone euro. La France est à la 10ème place de la zone euro, alors qu’il y a une forte accélération de la croissance mondiale en 2006, soit 5%.
On a empilé les agences et les dispositifs mais rien n’a été fait pour corriger nos handicaps : rien pour corriger notre médiocre spécialisation sectorielle et géographique, rien pour endiguer notre dépendance à l’égard des capitaux extérieurs à l’Union européenne, rien pour favoriser la croissance du nombre de PMI exportatrices.
Les aides publiques financent essentiellement les grands groupes, qui bénéficient de 91% des 65 milliards d’aides publiques et non les PME qui souffrent pourtant de gros problèmes d’accès aux financements bancaires et regrettent à juste titre de ne pouvoir bénéficier, elles aussi, des aides publiques.
Ségolène Royal propose une industrie encouragée pour une croissance dynamique.
Pour les socialistes, il n’y a pas d’avenir possible sans une industrie forte. L’industrie doit rester un levier indispensable de notre prospérité : de nombreux emplois, directs ou indirects, dépendent de sa capacité à produire des biens à forte valeur ajoutée et des technologies indispensables et stratégiques pour le pays.
Une véritable politique industrielle renvoie à des objectifs de renforcement de la performance durable des entreprises, d’orientation de l’économie vers des activités à forte valeur ajoutée et de maîtrise des mutations industrielles. Elle doit s’articuler en amont avec la politique de recherche, en aval avec la politique commerciale. Elle doit revêtir une dimension territoriale et s’appuyer sur des politiques transversales, telles que la fiscalité et la formation. Elle doit soutenir fortement les PME.
C’est le sens des propositions du pacte présidentiel sur ce sujet :
augmenter de 10% par an le budget de la recherche et de l’innovation
porter la part des 65 milliards d’aides aux entreprises orientées vers la recherche de 5% à 15% : aujourd’hui seuls 9% sont affectés aux PME pour l’aide à l’innovation, et au développement. Tout le reste va aux grands groupes !
mettre en place une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d’une Agence nationale de la réindustrialisation
soutenir les PME avec la création d fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics
concentrer les aides sur les entreprises qui embauchent et investissent et imposer le remboursement de ces aides en cas de délocalisations
Il n’est pas trop tard pour agir, mais il faut agir et proposer une nouvelle stratégie.
Aujourd’hui la France perd pied parce que la croissance est anémiée, parce que son économie est sous-compétitive, parce que les finances publiques se sont dégradées avec une hausse de plus de 8 points du PIB de la dette qui atteint 64,6% du PIB, 300 milliards d’euros d’augmentation et le déficit des comptes sociaux a triplé. Dans le même temps, la précarité et les inégalités se sont accrues.
Voici ce qu’a dit Ségolène Royal à Mont-de-Marsan : « C’est en restant fidèles à ces valeurs socialistes de la justice salariale, de la sécurisation des parcours professionnels, en faisant preuve d’imagination et d’entrain sur le territoire national que nous débloquerons la machine économique et que nous relancerons la croissance durable et les emplois. »
Le pacte présidentiel propose en effet une nouvelle stratégie qui répond au double défi de l’urgence et de la préparation de l’avenir. Il permet à la France de reprendre l’initiative, de bâtir une société de progrès pour tous qui redonne à chacun ses chances de promotion sociale. Il concilie progrès économique et social, croissance et sécurité, création de richesses et réduction des inégalités.
Ainsi rendre du pouvoir d’achat est-il devenu un impératif social, une nécessité économique.
Dynamiser l’investissement est essentiel, notamment en modulant le taux de l’impôt sur les sociétés, en fonction du réinvestissement des bénéfices : plus l’entreprise réinvestira et plus son taux baissera, plus elle redistribuera ses bénéfices à ses actionnaires ( ou rachètera ses propres actions ), et plus elle paiera d’impôt sur les sociétés.
Et aussi en créant des fonds publics régionaux de participation : en lien avec les collectivités locales, les participations publiques dans le capital des jeunes entreprises innovantes seront développées pour dépasser les difficultés d’accès aux financements bancaires des PME.
De même faire le choix de l’avenir pour rendre la France plus compétitive en misant sur l’innovation, la recherche, la formation.
En augmentant le budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 50% d’ici à 2012. ( soit plus 10% par an )
En triplant la part des aides aux entreprise destinées à la recherche-développement
En réformant la formation professionnelle, avec la mise en place d’un droit à la formation et à la reconversion professionnelle, inversement proportionnel à la durée des études et d’une sécurité sociale professionnelle qui garantisse à chaque personne privée d’emploi une rémunération égale pendant un an à 90% du dernier salaire net, une formation qualifiant et une aide personnalisée à la recherche d’emploi.
Cette stratégie permettra de restaurer la confiance, car elle réconcilie :
- la France et sa jeunesse : le pacte présidentiel lui donne les moyens de s’insérer avec la création du « droit au premier emploi » ( aucun jeune ne restera au chômage plus de six mois sans avoir un accès à une formation, un tutorat ou un emploi-tremplin ) et la création de l’allocation d’autonomie et du service civique. S’agissant des 190 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification, Ségolène Royal propose le contrat première chance pris en compte par l’Etat.
- La France et l’Entreprise : le pacte présidentiel propose de renouer avec une politique industrielle digne de ce nom, qui repose sur le lancement de grands projets nationaux, répondant aux nécessités du développement durable et aux enjeux de souveraineté ( énergie, spatial ). Il donne aux PME les moyens de maîtriser les mutations industrielles en passant d’une logique de réparation à une logique d’anticipation : réorientation massive des aides et de la commande publique en leur faveur, fiscalité favorisant l’investissement et l’emploi, lutte contre les délocalisations ( Agence nationale de la réindustrialisation, aides aux entreprises conditionnées à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels ).
Ce pacte permet de faire naître un partage effectif des richesses et une maîtrise de la mondialisation. Iles t de nature à favoriser un ordre international, économique et social juste qui s’articulera autour d’une fiscalité qui permette de rééquilibrer les prélèvements entre le travail et le capital, de taxer les rentes et les nuisances environnementales pour financer les réformes et les investissements dans l’avenir.
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