11.04.2007
Le pouvoir d'achat garanti
Réunion du changement à Rambervillers Salle du Relais social
Mardi 10 avril à 20 H 30
Contre la vie chère : le pouvoir d’achat garanti
L’inquiétude monte dans le pays, la colère parfois, on a de plus en plus le sentiment de ne plus pouvoir maîtriser son existence, vivre dignement de son travail et espérer mieux pour ses enfants. Pour des millions de salariés, le travail ne paie pas et l’on compte aujourd’hui, malgré la richesse de la France, 2,5 millions de travailleurs pauvres qui sont d’ailleurs en majorité des travailleuses pauvres, souvent contraintes d’accepter des emplois à temps partiel.
7 millions de personnes, jeunes, salariés, chômeurs, retraités, vivent avec moins de 500 euros mensuels.
63 000 retraités relèvent du minimum vieillesse.
Il y a 1 million de personnes âgées pauvres et près de 4 millions de pauvres et de mal logés dont plus d’un million d’enfants.
43% des salariés perçoivent moins de 1400 euros nets mensuels.
13% de la population renonce à se soigner pour raison financière.
La précarité touche même les diplômés, qui enchaînent faute de pouvoir trouvé un emploi, des stages non rémunérés. L’ascenseur social est bloqué. Dans ce système aggravé par la politique menée par la droite depuis cinq ans, seuls les plus favorisés s’en sortent.
Dans le même temps, la croissance est en berne : de 1,5% depuis 2002, elle atteint péniblement 2% en 2006. Cela représente 1 point de moins que la croissance OCDE et 0,7 point de moins que la zone euro. La France est à la 10ème place de la zone euro, alors qu’il y a une forte accélération de la croissance mondiale en 2006, soit 5%.
Le pacte présidentiel propose en effet une nouvelle stratégie qui répond au double défi de l’urgence et de la préparation de l’avenir. Il permet à la France de reprendre l’initiative, de bâtir une société de progrès pour tous qui redonne à chacun ses chances de promotion sociale. Il concilie progrès économique et social, croissance et sécurité, création de richesses et réduction des inégalités.
Ainsi rendre du pouvoir d’achat est-il devenu un impératif social, une nécessité économique.
Ségolène Royal, la Présidente du pouvoir d’achat garanti
Remontée des débats
L’introduction de l’euro, l’augmentation de la fiscalité locale, la hausse des prix de l’énergie et le manque de concurrence dans certains secteurs sont considérés comme étant à l’origine de la vie chère. L’indice des prix ne reflète pas la réalité de la consommation : il est incomplet, il ne prend pas en compte des dépenses nouvelles, et il ne pondère par les dépenses selon les revenus.
Mais la vie chère c‘est surtout le logement : le consensus est total sur la gravité de la situation. Il n’y a pas assez de logements, les logements sont trop chers. Il faut mieux appliquer la loi SRU, adopter une politique active de construction de logements, et mettre en place un service public de la caution : « contre la dictature des agences et des proprios. »
Le surendettement des ménages est également une préoccupation. La publicité pour les prêts à la consommation et les conditions d’obtention des crédits doivent être davantage réglementée. Il est également nécessaire d’offrir de nouvelles formes de crédits solidaires.
Pour la participants des débats, le constat est net : les salaires stagnent et la précarité augmente.
La hausse des salaires est économiquement justifiée mais doit être financée. L’Etat doit s’impliquer par une politique volontariste et prendre sa part de l’effort de financement.
Le recours aux heures supplémentaires n’est pas considéré comme une solution adaptée à tous. Elles ne sont pas toujours payées et ne concernent pas tous les salariés. De plus c’est souvent l’employeur qui oblige, pas l’employé qui choisit : « C’est ignorer le monde du travail que de prétendre le contraire. »
il faut revaloriser les petites retraites et réformer, globalement, le système des retraites. Les principales victimes en sont les femmes (veuves), le monde agricole et l’artisanat.
Enjeux
La vie chère est une réalité vécue par une grande majorité de Français et pas seulement les plus modestes. Les salaires stagnent, les pensions s’amenuisent, les prestations sociales ne compensent pas les aléas de la vie. L’accès de tous à un logement de qualité est devenu difficile pour de nombreuses familles.
Propositions
- Augmenter les salaires :
Le SMIC sera porté à 1500 €, le plus tôt possible dans la législature.
- Afin de tirer vers le haut tous les salaires, une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux sera organisée dès juin 2007. Cette conférence sera annuelle.
Revaloriser immédiatement les petites retraites :
- L’amélioration des petites retraites sera la première priorité de la réforme des retraites. Elles seront augmentées de 5%.
- Le minimum vieillesse sera versé mensuellement.
- Le paiement des retraites de la sécurité sociale sera rétabli au 1er jour de chaque mois.
- Revaloriser immédiatement de 5% les allocations aux personnes en situation de handicap.
- Doubler l’allocation de rentrée scolaire qui sera versée aux familles en deux fois.
- Réduire les coûts bancaires :
- Les tarifs bancaires seront réglementés par l’Etat : les agios et les pénalités liées aux incidents de paiement seront plafonnés et feront systématiquement l’objet d’une facture.
- L’Etat créera un service universel bancaire de base, favorisant les prêts sociaux et le microcrédit.
- Afin de prévenir le surendettement, la publicité pour les prêts à la consommation sera réglementée et les établissements financiers qui octroieraient un crédit à des personnes non solvables seront sanctionnés. Ils devront participer au règlement des situations de surendettement à parité avec les organismes publics.
- Lutter contre le logement cher, une sécurité logement tout au long de la vie :
- Augmenter les allocations logement de manière à limiter à 25% le montant des dépenses de logement pour les ménages modestes.
- Construire 120 000 logements sociaux par an grâce à une incitation au livret A . L’Etat pourra se substituer aux maires qui n’appliquent pas la loi SRU.
- Créer un service public de la caution afin que celle-ci ne soit plus un frein à l’accès au logement tout en sécurisant le propriétaire. En contrepartie, les procédures d’expulsion des locataires de mauvaise foi seront simplifiées.
- Conditionner les avantages fiscaux et les aides publiques à une modération des loyers.
- Remettre à la location les logements vacants spéculatifs. Les communes pourront également les acquérir par une procédure exceptionnelle. - Encourager l’accès à la propriété par l’extension des prêts à taux zéro. Dans le logement social, les locataires qui ont payé pendant 15 ans leur loyer pourront accéder à la propriété.
- Sanctionner financièrement les communes qui ne respectent pas le ratio moyen de un pour mille habitants pour les hébergements d’urgence.
- Mettre en place plusieurs indices des prix reflétant la dépense des ménages (minima sociaux, SMIC, retraites).
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