05.02.2009
Grève des enseignants-chercheurs et des étudiants
Le président de la République et son gouvernement prennent le risque de faire passer en force des réformes dont l’impact sur nos universités et laboratoires est très négatif. Ils sont sourds aux nombreuses alertes répétées lancées par la communauté universitaire et scientifique ces dernières semaines.
Les enseignants-chercheurs, les personnels des universités et des organismes de recherche, sont en grève pour protester contre l’agitation du pouvoir : réforme du statut des enseignants-chercheurs, formation des enseignants, suppression d’emplois scientifiques, destruction du CNRS.
En effet, il y a une grande cohérence entre les attaques portées au statut des enseignants-chercheurs et le processus de "masterisation" de la formation et du recrutement des enseignants du 1er et du 2nd degré largement rejeté par la communauté universitaire.
En instaurant la "modulation de service" des enseignants-chercheurs, on veut faire de l'enseignement une variable d'ajustement budgétaire au détriment de la qualité de la formation des étudiants et de la recherche.
En démantelant le CNRS et les organismes de recherche, en supprimant encore un millier de postes en 2009, en dénaturant le travail des chercheurs, le gouvernement poursuit non seulement la mise en concurrence des individus mais aussi celle des universités entre elles. Tout cela au profit d'intérêts privés à court terme qui cherchent à gébnérer du profit plutôt que de répondre à l'intérêt général.
En sapant les bases des concours pour devenir enseignant et en suppriment les IUFM, le gouvernement substitue à la qualification des professeurs de simples compétences qui visent à les précariser. Cette réforme des universités et celle des lycées, que Sarkozy veut mettre en place en 2010, n'augurent-elles pas de la fin de l'éducation nationale comme de celle des diplômes nationaux ?
Ce que demandent les enseignants-chercheurs est à la fois simple et légitime : il s’agit de suspendre les réformes en cours, de rétablir les emplois scientifiques supprimés et d’ouvrir une véritable concertation avec le gouvernement.
Parce qu'il en va de l'avenir de l'université et du devenir de notre système éducatif tout entier, le Parti socialiste apporte son plein soutien au mouvement en cours et redemande un moratoire des réformes engagées, ainsi que le gel des suppressions d´emploi dans la fonction publique. Il réclame, par ailleurs, une réorientation du budget 2009 favorisant les indispensables créations d’emplois.
Dans un tel contexte, on ne peut plus s’étonner de la crise de confiance que traverse le pays. Celui-ci ne croit plus en son avenir, et pour cause, puisqu’on a sapé depuis six ans les principaux piliers qui assurent le devenir de nos sociétés, au premier rang desquels se trouvent la formation et la recherche.
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