Enfermé dans ses incohérences et ses hésitations, le Président de la République a décidé de ne rien changer à sa politique et de poursuivre ses réformes de dérégulation du monde du travail.
Il a fallu que des centaines de milliers de Français descendent dans la rue le 29 janvier pour que N. Sarkozy se sente obligé ou fasse semblant de reconnaître que son plan de relance était injuste et insuffisant et qu’il avait oublié les classes moyennes et les classes populaires.
Il se serait soudain rendu compte que le partage entre les salaires et les dividendes était totalement inégal, qu’il n’y avait pas de contreparties aux aides publiques. Aurions-nous soudain eu raison à ses yeux ou s’est-il contenté de plagier notre discours, d’usurper nos idées, nos propositions pour une relance fondée sur un nouveau modèle de partage et de développement : emploi, pouvoir d’achat, investissement ?
Le discours de Toulon fortement teinté à gauche nous avait précédemment révélé la formidable insincérité d’un homme habile à manier la parole et les tours de passe-passe. N. Sarkozy aurait eu alors la soudaine révélation que c’est la refondation du capitalisme qui a débouché sur le renforcement de la politique libérale qui a provoqué la crise !
Qui pourrait à présent encore croire le Président de la République alors que ses actions sont en totale inadéquation avec ses paroles ?
N’a-t-il pas annoncé la poursuite des réformes de casse sociale, de dérégulation du travail, de démantèlement et de paupérisation des services publics ? Est-il revenu, comme nous le lui demandons depuis des mois, sur la politique injuste du paquet fiscal ? A-t-il entendu les revendications des salariés sur les salaires ou des chômeurs sur leur indemnisation ? A-t-il entendu les salariés SMICARDS ou précaires, les personnes qui relèvent des minimas sociaux ou les jeunes de moins de 25 ans qui sont sans ressources ? A-t-il entendu les problèmes de pouvoir d’achat des Français ?
Non ? N. SARKOZY explique que la crise serait une crise de confiance venue de l’étranger alors que c’est lui qui a affaibli la France par ses politiques gouvernementales engagées bien avant le déclenchement de la crise financière.
Il n’annonce aucune mesure concrète pour la relance du pouvoir d’achat, pour les engagements en faveur des salariés et les contreparties demandées aux entreprises. Face aux difficultés des Français, il se contente de renvoyer les décisions à prendre aux négociations avec les partenaires sociaux le 18 février.
La seule annonce concrète, c’est la suppression de la taxe professionnelle en 2010, sans compensation définie ni même envisagée, qui risque de provoquer une crise des finances locales et d’accentuer les difficultés des collectivités territoriales et de peser une fois de plus sur le pouvoir d’achat des ménages.
Il a aussi la grande idée généreuse de supprimer la première tranche de l’impôt sur les revenus qui sera favorable aux classes moyennes. Mais il oublie ceux qui ne paient pas l’impôt sur le revenu, les bas salaires, les privés d’emplois, les plus démunis.
D’effets d’annonce en effets d’annonce, comme la création de 200 000 places en crèches, sans étude ni concertation préalable, il oublie de préciser que ce sont les collectivités territoriales qui seront mises à contribution. Comment feront, par exemple, les communes, privées de la ressource vitale de la taxe professionnelle, pour financer les promesses du Président de la République ?
Marie-France GLAUDEL