04.03.2009

Face à la crise, le gouvernement baisse les bras

Face à la crise, le gouvernement de Sarkozy prend une très lourde responsabilité en refusant de faire les choix qui s’imposent : et d’abord remettre en cause le paquet fiscal. De plus en plus de Français voient leurs emplois détruits et leur pouvoir d’achat s’amenuiser. Au lieu de s’en préoccuper François FILLON fait cyniquement appel au civisme des Français alors que lui-même refuse de prendre en compte l’avis de partenaires sociaux ou les propositions des partis d’opposition tout en écoutant attentivement les discours de Madame PARISOT du MEDEF.


Cela fait maintenant 6 mois que les socialistes disent que la France verra pour 2009 une croissance diminuée de l’ordre de 2 %, alors que le gouvernement ne prévoyait qu’une baisse de l’ordre de 1%. Cela fait des mois aussi, que nous disons que la crise financière n’est pas derrière nous, il suffit de constater le contexte international et les mauvais chiffres des banques, cela fait des mois que nous disons que la crise sociale est devant nous. Et qu’elle va frapper la France avec une violence inouïe. Le chiffre de janvier a montré une ampleur jamais connue de la brutalité avec laquelle le chômage revient en force.

Si on s’attarde sur le chiffre de 90 000 chômeurs supplémentaires, de mémoire, le chiffre non corrigé des variations saisonnières est autour de 140 000. Ces chiffres bruts sont plus éloquents que ceux corrigés. Et, si l’on regarde ce chiffre, nous ne pouvons que constater la gravité de la situation.

Aujourd’hui avec trop de retard, le gouvernement a l’air de vouloir accepter de dire que la croissance sera négative de l’ordre de 1,5 %. Rappelons que les grands organismes internationaux avec lesquels nous sommes en phase, publient les mêmes chiffres, que ce soit la Commission européenne -1 ,8 %, le FMI, -1,9 % et l’OCDE qui s’apprête à rectifier son chiffre à la baisse, concernant la croissance de la France en 2009. Sans se tromper, on peut d’ores et déjà annoncer pour bientôt, un chiffre de l’ordre de – 2 % pour la France. Quand le gouvernement annonce de tels résultats, c’est sans compter sur les effets nuls voire négatifs de son prétendu plan de relance.

Faute de vouloir se battre, le gouvernement commence à baisser les bras. C’est un gouvernement qui constate que la croissance diminue, et que jour après jour les déficits augmentent. On nous annonce déjà 100 milliards de déficits, soit le double du chiffre prévu pour 2009 et par rapport à l’année 2007. Lors de l’élection de Nicolas SARKOZY, le déficit était déjà de l’ordre de 38 milliards. C’est d’une brutalité jamais égalée. Et là encore le gouvernement se contente d’annoncer l’augmentation de ce déficit là où il faudrait une capacité d’action et une volonté forte. On est seulement dans le déficit passif.

Nous disons aujourd’hui au-delà du fait que ces chiffres s’imposent avec évidence, que nos propositions sont d’autant plus légitimes. Notre contre plan de relance loin d’être un objet de communication à un moment donné de la vie du pays, a été travaillé sérieusement en profondeur et correspond à des propositions réalistes et efficaces pour lutter contre cette crise. Il faut qu’il mobilise au moins 50 milliards de crédits publics. Le gouvernement parle de 26 milliards, alors qu’il n’en donne en réalité que 4 d’argent frais non recyclé pour 2009, plus 2,6 milliards. Nous sommes en faveur d’un plan massif, à l’instar de ce qu’on fait aux Etats-Unis, et chez nos voisins au Royaume-Uni ou en Allemagne.

Pour être efficace, un plan de relance doit reposer sur ses deux jambes, investissement et consommation (pouvoir d’achat).  Nous n’opposons pas l’un à l’autre, nous sommes constructifs dans notre démarche, à l’image des pays qui veulent lutter activement contre cette crise. Les Socialistes continueront à marteler des propositions qui leur semblent adaptées à la situation telle que nous la constatons.

Le gouvernement porte trois responsabilités évidentes :

  • La première est de n’avoir pas pris la mesure de la crise assez tôt. Il fallait agir dès septembre 2008, au moment où le gouvernement contestait dans sa présentation des chiffres, l’ampleur de la crise. On ne peut pas remédier à une situation en partant d’un mauvais diagnostic.
  • La deuxième est de ne pas avoir pris les mesures, ni en terme de masse ou d’équilibre, entre l’investissement et la consommation
  • La dernière est de ne pas être revenu sur ses décisions, aberrantes dans le contexte d’aujourd’hui, comme celles du paquet fiscal. L’encouragement aux heures supplémentaires dans un contexte d’explosion du chômage est absolument aberrant et irrationnel. Le blocage du gouvernement et du président sur cette question est purement idéologique. C’est plutôt pour tous les économistes, un encouragement au chômage. Il faut au moins suspendre ce dispositif, dont nous continuons à demander la suppression. Au moment où ces 10 milliards pourraient servir à l’investissement et à la consommation, ils seraient plutôt bienvenus pour relancer la consommation.

 

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