08.03.2009
Socialisme et droits des femmes
La Journée internationale des femmes est reconnue officiellement en France le 8 mars 1982
Le gouvernement socialiste français (avec Pierre Mauroy et Yvette ROUDY) instaure le caractère officiel de la célébration de la journée de la femme le 8 mars et en fait une célébration pour les Droits de la femme.
A l’initiative du tout nouveau ministère des Droits des Femmes, va se dérouler en France un nombre considérable de cérémonies, toutes destinées à glorifier, revaloriser (ou simplement rappeler) l’importance du rôle des femmes dans la société française.
Cette première célébration de la Journée des Femmes se veut voyante : discours présidentiel le 8 mars 1982, exposition 60 femmes qui ont marqué l’histoire du féminisme, états généraux contre la misogynie à La Sorbonne, manifestation du MLF...
Le 7 mars 1982 à Paris, 20 000 femmes se rassemblent avec l’UFF (l’Union des Femmes Françaises) place de la République. Au milieu des bravos et des embrassades, deux alpinistes, Fanfan et Régine, escaladent la République à la conquête de leurs droits. Tout un symbole !
Dans les années 80, Yvette ROUDY, alors ministre des Droits de la femme, écrivait : j’aimerais, cela est vrai, qu’il n’y ait pas de 8 mars, de journée internationale des femmes. Cela signifierait qu’il n’y a plus de discrimination et donc plus de luttes, plus de revendications, parce que les comportements sont devenus égalitaires et que tous les citoyens peuvent exercer la plénitude de leurs droits (...) C’est encore un rêve.
D’autres manifestations auront lieu cette même année : pour la paix le 5 juin ; en soutien aux américaines pour l’ERA (Equal Rights Amendment) le 30 juin à Paris et conférence avec Ti-Grace Atkinson « Le mouvement des femmes en France et aux USA en 1982 : ressemblances, divergences, correspondances » le 19 juin ; manifestation pour l’avortement le 23 octobre.
Yvette ROUDY
Yvette ROUDY est élue au Parlement européen en 1979 et elle y fonde la commission des droits de la femme.
Elle devient ensuite ministre du droit de la femme sous François MITTERRAND de 1981 à 1986. Très active, elle obtiendra plusieurs avancées importantes :
- 1982 : Loi concernant le remboursement de l'Interruption Volontaire de Grossesse
- 1983 : Loi pour l'égalité homme-femme au travail
- 1985 : Loi pour l'égalité des époux dans le régime matrimonial
- 1986 : Loi pour la féminisation des noms de métiers
En 1989, elle est nommée chevalière de la Légion d'Honneur, alors qu'elle est maire de Lisieux (Normandie).
Scandalisée par le faible nombre de femmes en politique, elle crée en 1992 L'Assemblée des femmes. 4 ans plus tard, elle estime que la situation n'a pas changé : elle publie un Manifeste pour la Parité.
Femme politique mais aussi essayiste et écrivain, Yvette ROUDY publie de nombreux ouvrages. La Femme en Marge en1975, puis, en 1995 Mais de quoi ont-ils peur ? essai traitant du machisme en milieu politique.
Nommée récemment au poste de Présidente de la Commission sur l'égalité des chances pour les hommes et les femmes du Conseil de l'Europe, elle a soutenu en 2007 la candidature de Ségolène Royal. L'ancienne ministre regrette qu'aujourd'hui il n'existe plus de ministère aux droits des femmes (c'est désormais un secrétariat d'Etat qui traite de cette question) .
Souvent perçue comme une "féministe excitée", Yvette ROUDY défend l'idée d'un féminisme qui serait un combat pour le droit et non une lutte contre les hommes.
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