29.09.2009

EDF-Veolia, une nouvelle atteinte au service public

Un rapprochement EDF-Veolia constituerait une « aberration industrielle », selon le PS

Après l'annonce de la future nomination d'Henri Proglio, actuel PDG de Veolia Environnement, à la tête d'EDF, le Parti socialiste a dénoncé « une nouvelle concentration de l'économie française entre les mains de quelques-uns » et récusé un éventuel rapprochement entre EDF et Veolia, qui constituerait une  aberration industrielle.

« La nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF, qui pourrait de surcroît rester au cœur de la gouvernance de Veolia, marque une nouvelle concentration de l'économie française entre les mains de quelques-uns, que le Parti socialiste dénonce », déclarent dans un communiqué le secrétaire national à l'industrie, Guillaume Bachelay, et la secrétaire nationale à l'énergie, Aurélie Filipetti.

« Le rapprochement d'EDF avec Veolia ne repose sur aucun fondement économique », insistent-ils. « Allier l'eau et l'électricité n'a d'autre sens que d'éloigner un peu plus encore EDF de son statut d'entreprise publique. Le Parti socialiste récuse cette aberration industrielle, cette volonté de “ normaliser ” l'entreprise EDF et le flou persistant quant à sa stratégie à long terme ».

Pour le PS, Nicolas Sarkozy « fait décidément le choix de placer l'avenir énergétique de la France dans les mains d'intérêts privés. Le gouvernement opte pour une logique financière aux effets connus : hausse des tarifs, réduction des investissements pour la sûreté des sites, dégradation du service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés », accuse-t-il, estimant que « l'exemple récent de la fusion GDF-Suez en témoigne cruellement ».

Le PS « demande au président de la République et au nouveau président d'EDF de déployer enfin une politique industrielle dans le domaine énergétique qui garantisse la pérennité des entreprises, la sécurité des installations et des opérations, la viabilité des missions de service public ». AP

Encore une nouvelle dégradation sur le front de l’emploi

Encore une nouvelle dégradation sur le front de l’emploi : le gouvernement inactif face à l’urgence sociale


Le nombre de demandeurs d’emploi continue d’augmenter en août par rapport à juillet avec 18.100 personnes supplémentaires touchées par le chômage. Plus que jamais, la France est en situation d’urgence sociale, alors que l’on n’attend pas de redémarrage de l’emploi avant fin 2010.

Cette augmentation a lieu alors que les entrées pour fin de CDD ou de mission d’intérim reculent. Les effets de la crise commencent à toucher le noyau dur des salariés. Les licenciements économiques sont en hausse de 3%. Les nombreux plans sociaux risquent de ne produire leurs effets que dans les mois à venir, amplifiant une crise sociale déjà très forte.

Et ces chiffres ne traduisent pas toute l’ampleur du drame. Il faut rappeler que les salariés victimes d’un licenciement économique bénéficiant d’un contrat de transition professionnelle ou d’une convention de reclassement personnalisée n’apparaissent pas dans ces chiffres puisqu’ils sont considérés comme stagiaires de la formation professionnelle.

Ces chiffres désastreux ne représentent que la partie la plus visible des effets de la crise sur l’emploi. Soumis à la pression de la crise et à la peur du chômage, les salariés subissent une dégradation de leurs conditions de travail. Le stress au travail progresse.

Pourtant, le gouvernement ne prend toujours pas les mesures nécessaires de relance et de soutien à l’emploi. Les derniers chiffres de la croissance ne doivent pas conduire à l’illusion d’une reprise. Le chômage va continuer d’augmenter dans les mois à venir.

Dans ces conditions, prétendre, comme l’a fait le Président de la République, que la France a le meilleur plan de relance est indécent. Il est bien le seul à croire ces mensonges. La faiblesse du plan de relance français lui est d’ailleurs reprochée par de nombreux pays qui l’accusent de ne pas prendre suffisamment part aux efforts collectifs.

Au G20, la question de l’emploi et l’urgence de remettre la finance au service de l’économie réelle est restée au deuxième, voir au troisième plan. Alors que les profits repartent pour ceux qui ont été à l’origine de la crise, les salariés restent à l’écart.

Le Parti socialiste a proposé, face à l’urgence sociale, des mesures fortes. Il demande au gouvernement de les mettre en œuvre sans tarder : prolonger de 6 mois la durée d’indemnisation sur la base de 80% du salaire ; étendre les contrats de transition professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi et porter la durée d’indemnisation à deux ans ; augmenter le coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs propres actions ; instaurer une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés, en amont des licenciements.

Communiqué d’Alain Vidalies,
Secrétaire national au travail et à l’emploi

Nicolas Sarkozy et le G20 : “Paroles, paroles…”

Par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène - blog " De près, de loin"

La plupart des médias nous parle d’un G20 réussi et, reprenant les mots du président français, déclarent fièrement qu’"un ordre nouveau apparaît"… Rien que ça!

Mais quels seraient les signes d’une telle "révolution mondiale"? Lorsque l’on reprend les propositions retenues par les 20 pays les plus industrialisés, on ne voit pas poindre le moindre espoir.

"Chaque pays doit faire en sorte que l’emploi se reconstitue rapidement" : quelle contrainte sociale? "Maintenir les mesures de soutien à l’activité économique jusqu’à ce que la reprise soit assurée" : quelle méthode? "Application de sanctions à partir de mars 2010 à l’encontre des paradis fiscaux qui refusent d’échanger des informations sur les comptes litigieux de contribuables étrangers" : quelle crédibilité quand nous apprenons dans le même temps que la Suisse vient de sortir de la liste établie par l’OCDE? "Augmentation du capital des banques pour les prémunir en cas de pertes importantes" : quelle garantie sur la modification des comportements bancaires alors que certains États comme la France refusent d’entrer dans les conseils d’administration et ne légifèrent nullement sur les abus bancaires? "Augmentation du pouvoir des superviseurs nationaux" : pourquoi ne pas créer, comme beaucoup l’ont proposé, une organisation mondiale de la finance?

Bref, comme on pouvait le craindre, ce G20 fut vain…

Mais si ni Barack Obama, ni Angela Merkel, ni Gordon Brown n’annoncent à leurs concitoyens un changement radical de l’ordre mondial, il n’en est pas de même concernant Nicolas Sarkozy qui ne cesse de laisser entendre qu’il serait le "leader mondial" d’un nouvel "ordre mondial juste" (expression de Ségolène Royal qu’il moquait largement en 2007).

Encore cette semaine, le chef de l’État s’est prêté à un exercice qu’il apprécie tout particulièrement : accorder une interview à David Pujadas et Laurence Ferrari. Adoptant une mine grave, il déclame, comme le rappelle si justement le blogueur "Sarkofrance" "une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques, sans contradiction ni relance de la part des deux journalistes". Nicolas Sarkozy ne cesse de détourner l’attention des Français et ainsi de parler "bonus" et "paradis fiscaux" plutôt que "chômage", "bouclier fiscal" et "relance". Mais il ne peut que s’empêtrer dans ses mensonges : contrairement à ses dires, il n’a pas convaincu l’Union européenne d’imposer un plafonnement des bonus bancaires ; et ni les paradis fiscaux ni le secret bancaire n’ont été supprimés. Tout cela, il le sait. D’ailleurs, lui-même ne cherche pas à changer l’ordre des choses : il sait pertinemment qu’il ne pourra rien modifier, mais surtout, ne le souhaite pas tant l’état actuel du monde convient à sa vision individualiste de la société.

Il serait peut-être temps de rappeler à notre chef de l’État que la politique n’est pas affaire de communication mais d’actes concrets. Si ces interventions à la tribune onusienne furent de bonne tenue et marquées à gauche, elles sont d’une mauvais foi scandaleuse. Il est facile de parler comme Jean Jaurès ou Léon Blum, mais c’est une autre paire de manche lorsqu’il s’agit de concrétiser les belles paroles sur le terrain.

Sans doute habitués aux déclarations grandiloquentes et quelques peu hypocrites du président français, ses interventions à l’ONU ou au G20 n’ont pas eu l’écho escompté auprès de la presse étrangère.

Ce qui a pu en revanche retenir l’attention de certains journalistes étrangers, c’est la fête organisée par l’ambassade de France mardi soir pour Nicolas Sarkozy : 400 000 euros aux frais du contribuables pour quelques 4 000 invités. La morale, l’éthique et la rigueur ne sont décidément pas pour tout le monde…

En France, la réalité, dont les médias parlent si peu et que le président de la République occulte tant qu’il peut par des discours indécents (tant ils sont mensongers), est toute autre : 32 200 chômeurs en plus en août et 92% des Français qui considèrent que la précarité est en nette hausse…

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

24.09.2009

Toujours plus de mesures injustes

"Trois très mauvaises nouvelles pour la vie quotidienne des Français"

Que retenir de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, à part des mauvaises nouvelles pour la vie quotidienne des Français ?

D’abord, la taxe carbone, privée de son objectif écologique et social, ne sera qu’un nouvel impôt inefficace et injuste, parce que destiné en partie à renflouer les caisses vides de l’Etat et redistribué de façon inique puisqu’une partie en sera reversé à part égale aux ménages modestes et à ceux qui bénéficient du bouclier fiscal.

Ensuite, il a confirmé la fiscalisation des indemnités journalières annoncée la veille par le ministre du travail. Autant dire que c’est une double peine pour les salariés victimes d'un accident du travail puisque les indemnités en question sont en en réalité à 60% ou à 80% au mieux de la rémunération.


Enfin, l'augmentation du forfait hospitalier annoncée par le gouvernement a été confirmée par Nicolas Sarkozy, "c'était une hypothèse, c'est devenu aujourd'hui une certitude", a-t-il dit.

Une fois de plus les plus pauvres qui vont payer, là où les plus riches continueront à bénéficier du bouclier fiscal


23.09.2009

La mobilisation pour les services publics continue !

Je signe la pétition pour les services publics


http://www.referendum-servicespublics.com/charte.html


La Charte des services publics

Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution

« Le peuple français,
« Considérant,
« Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;
« Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l’homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de la République ;
« Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité ;
« Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l’existence des services publics ;
« Que le fonctionnement efficace des services publics doit donc être assuré fidèlement selon les principes de continuité du service, d’égalité d’accès pour tous les citoyens, de neutralité et de distribution équitable sur l’ensemble du territoire national ;
« Que les services publics dans leur contenu doivent garantir les conditions de l’égalité républicaine dans les domaines vitaux pour tous les individus, en ce qui concerne l’accès à l’éducation, à la formation et à l’enseignement supérieur, à un système de santé de haute qualité sans discrimination de revenu ou de patrimoine, à un emploi et à un système de solidarité nationale assurant un niveau de vie compatible avec la dignité humaine, à un développement dynamique et solidaire de l’économie nationale, à la sécurité et à la justice indépendante dans la proximité, à l’information libre et aux moyens de communication physiques et numériques, à la capacité de déplacement sur l’ensemble du territoire national par des transports fiables et accessibles, à l’accès à l’eau et à l’énergie, à un aménagement responsable et durable des territoires et de l’environnement, à des collectivités territoriales assurant une démocratie de proximité et pleinement responsables et autonomes, à une culture libre dans sa création et accessible à tous dans sa diffusion, à l’accès aux pratiques sportives ;
« Proclame :
« Art. 1er –  Les services publics participent pleinement des principes et valeurs que le peuple reconnaît dans la République.

« Art. 2 – Toute personne a le droit d’avoir accès aux services publics.

« Art. 3 – Il revient à l’Etat d’assurer la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l’hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d’assurer à ces dernières les ressources correspondant à l’exercice effectif de ces services et à leurs évolutions.

« Art. 4 – Les principes essentiels des services publics reposent sur l’égal accès de tous les citoyens, l’égal accès sur l’ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.

« Art. 5 – La République française reconnaît et garantit les services publics de l’éducation nationale, de la formation, et de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la santé et de l’hôpital, de la sécurité sociale, de l’emploi, de l’accompagnement économique et industriel, de la police, de la justice, de l’information et de l’accès aux moyens de communication physiques et numériques, de l’aménagement des territoires, de l’eau et de l’énergie, de la protection de l’environnement, des transports, de la démocratie de proximité assurée par les collectivités territoriales, de la création et la diffusion artistiques et culturelles, de la pratique des activités sportives..

« Art. 6 – Le Gouvernement met en œuvre les politiques de son choix, dans le respect de la souveraineté nationale et de la charge des missions de service public qui lui sont confiées.

« Art. 7 – La France s’inspire de son modèle républicain de services publics dans son action à vocation internationale et européenne. »

 

4,5 millions de signatures pour les services publics

Marie-France GLAUDEL,
Vous êtes près de 300 000 Citoyens à avoir signé la pétition pour l'inscription d'une Charte des Services Publics dans la Constitution.

Le succès populaire remporté par cette proposition de loi constitutionnelle nous permet d'espérer parvenir à terme à la signature de cette pétition par un dixième du corps électoral, soit 4,4 millions de signataires, pour obtenir du gouvernement l'organisation d'un référendum d'initiative populaire.
Nous arrivons à présent à une nouvelle étape de la mobilisation. Une grande campagne nationale de terrain va être lancée. Bientôt, un réseau social de mobilisation viendra lui donner toute son ampleur.
Pour être tenu informé des réunions et des initiatives prises près de chez vous, je vous invite dès à présent à remplir ce formulaire.



En vous félicitant de défendre ainsi nos services publics et donc notre modèle de société, je vous redis toute la fraternité portée par notre démarche pour défendre les valeurs de la République.
Michel Vauzelle
Ancien Ministre

Taxation des accidentés du travail : une mesure inique

Taxation des accidentés du travail : encore une fois, les salariés vont devoir payer pour financer les cadeaux fiscaux aux plus riches

Le 23 septembre 2009

La proposition de Jean-François Copé et du gouvernement de fiscaliser, c’est-à-dire d’imposer comme un revenu normal, les indemnités des accidentés du travail est absolument scandaleuse.

Pour récupérer 150 millions d’euros pour le budget de l’Etat, les salariés victimes d’accidents du travail vont voir leur indemnité encore réduite, alors qu’elle est déjà égale à 80% de leur salaire. Dans le même temps, à cause de la réforme de l’impôt sur le revenu, du bouclier fiscal et de la baisse de l’impôt de solidarité sur la fortune, les plus riches ont vu leurs impôts réduits depuis 2002 de plus de… 20 milliards d’euros. Encore une fois, le gouvernement est pris en flagrant délit d’injustice fiscale.

Cette mesure est d’autant plus aberrante que les conditions de travail se dégradent dans notre pays. Le gouvernement croit-il qu’il diminuera le nombre d’accidents au travail en taxant les accidentés ? Cela n’a aucun sens.

Il ferait mieux d’agir en faveur des accidentés du travail plutôt que de s’attaquer aux victimes et aux salariés fragilisés. Il est urgent aujourd’hui de renforcer les moyens de prévention des accidents du travail, de mieux associer les syndicats aux décisions dans l’entreprise et sur les lieux de travail. Il convient aussi de sanctionner les employeurs qui sont les premiers responsables de la dégradation de cette situation.

Le Parti socialiste demande à la majorité et au gouvernement de renoncer à cette mesure particulièrement inique.

Crise du lait : un signal fort s'impose

Crise du lait : le Parti socialiste demande un changement de cap radical de la politique laitière

Le 23 septembre 2009

La détresse des producteurs laitiers est à son comble. La très forte mobilisation des agriculteurs est le signe d’une exaspération face à un système économique qui ne permet pas à leur travail d’être justement rémunéré. La logique du « marché roi » qui guide les décisions politiques mondiales, nationales et françaises en matière d’agriculture conduit à une impasse. Le Parti socialiste dénonce avec force et détermination le jeu de dupe dont sont victimes les éleveurs laitiers et les consommateurs, qui pour leur part ne constatent aucune baisse de prix.

Pour le Parti socialiste, la restructuration en cours dans la filière laitière est souhaitée et même planifiée par les libéraux européens avec l’accord du gouvernement français.  Cette restructuration a pour objectif inavoué la concentration de la production laitière, au nom de la seule compétitivité économique, au profit des industries de transformation et de la distribution.

Le Parti socialiste met en garde le gouvernement qui, faute d’une réorientation de sa politique, devra gérer une situation de crise très difficile dont il porte une lourde part de responsabilité.

L’heure n’est plus aux mesurettes et aux rafistolages, mais à un changement radical. Le Parti socialiste demande au gouvernement de porter à nouveau le dossier des quotas laitiers à l’échelle européenne, en exigeant leur prorogation sine die, ainsi que le gel immédiat de leur augmentation. Les décisions désastreuses décidées sous présidence française de l’Union européenne fin 2008 doivent être abandonnées.

Le principe des quotas doit être rétabli et défendu par tous : ce sera un signal fort et une solution indispensable pour sortir les éleveurs de leur désarroi.

Communiqué du Bureau national

suppression du poste de Défenseure des enfants

Le Parti socialiste proteste contre la suppression du défenseur des enfants et de la commission nationale de déontologie de la sécurité: Nicolas Sarkozy dissout les contre-pouvoirs


Le conseil des ministres a adopté le 9 septembre un projet de loi visant à créer un défenseur des droits et supprimant ainsi le défenseur des enfants et la commission nationale de déontologie de la sécurité

Il faut s’interroger sur la méthode. Alors que, au cours du débat sur la révision constitutionnelle, le gouvernement n’avait donné aucune précision sur le contour du futur défenseur des droits, il annonce aujourd’hui subitement la suppression de deux institutions qui ont fait la preuve de leur utilité depuis leur création en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin.

Aucun débat ni aucune consultation n’ont été menés préalablement, aucune information n’a filtré jusqu’à présent sur ce projet, ce qui manifeste l’embarras du gouvernement.

Il faut aussi s’inquiéter des objectifs poursuivis. La Défenseure des enfants paie-t-elle les prises de positions sans concessions prise notamment sur les enfants retenus en centre de rétention ? La CNDS est-elle sanctionnée pour avoir fait preuve de vigilance sur le comportement des forces de police et sur la situation pénitentiaire ?

Nous assistons en réalité aujourd’hui à une nouvelle étape de l’élimination méthodique par le président de la République de tous les contre-pouvoirs.

L’existence d’autorités indépendantes, ayant la capacité de porter une appréciation critique sur l’action gouvernementale, est insupportable à Nicolas Sarkozy.

Le Parti socialiste proteste contre cette démarche préoccupante pour la conception de notre vie démocratique. Il demande que les deux institutions menacées soient maintenues.

Dominique Versini a été nommée Défenseure des enfants par décret du Président de la République le 29 juin 2006 (Journal officiel du 30 juin) pour un mandat de 6 ans. Dominique Versini est la deuxième Défenseure des enfants depuis la création de cette autorité indépendante créée par la loi du 6 mars 2000. Elle succède à Claire Brisset (2000-2006)

"La Défenseure des enfants se doit d’être à l’écoute des enfants et des adolescents et de leurs difficultés à se construire dans une société en mutation permanente, caractérisée par une «crise du lien social» et un changement des configurations familiales sans précédent."

Dominique Versini

Communiqué de presse de Dominique VERSINI :


Alors que partout en France et dans le monde, se prépare le 20ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, la Défenseure des enfants, Dominique VERSINI, découvre avec stupeur les 2 projets de loi présentés lors du dernier conseil des ministres (9/09/09) qui suppriment l’Institution du Défenseur des enfants créée par la loi du 6 mars 2000 en tant qu’Autorité indépendante chargée de défendre et de promouvoir les droits des enfants et diluent ses missions au sein d’un nouveau Défenseur des droits.

Dominique VERSINI, qui n’a été à aucun moment ni consultée ni auditionnée (malgré les demandes de rendez-vous qu’elle a formulées auprès de l’exécutif dès la connaissance du projet de création d’un Défenseur des droits fin 2007), conteste à la fois la méthode, qui relève de la maltraitance institutionnelle [1] ainsi que les 2 projets de lois qui posent de nombreuses interrogations :

Le nouveau Défenseur des droits, qui a été institué par la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 sans que son périmètre soit défini au moment du vote, a pour but, selon le projet, de renforcer et de donner plus de cohérence et de lisibilité à la protection des droits et des libertés des citoyens en le dotant de pouvoirs renforcés. Si tel est le but, on ne comprend pas pourquoi le Gouvernement a décidé de limiter son champ d’intervention aux compétences du Médiateur de la République, du Défenseur des enfants et de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), excluant de fait la protection de droits aussi fondamentaux pour nos concitoyens que ceux concernant les discriminations, le contrôle des lieux privatifs de liberté, la protection de la vie privée menacée par la multiplication des fichiers informatiques qui resteraient gérés respectivement par la HALDE, le Contrôleur général des lieux privatifs de liberté (CGPL) et la CNIL.

La Défenseure des enfants exprime son total désaccord sur le fait qu’ait été décidé arbitrairement et sans aucune concertation de dissoudre certaines autorités indépendantes et d’aménager une simple articulation avec d’autres.

Elle demande donc au Gouvernement d’expliciter sur la base de quelles logiques il a pris la décision de supprimer à mi-mandat une autorité indépendante de la République en charge de la défense et de la promotion des droits de l’enfant dont le travail est reconnu unanimement en France et à l’étranger.

11.09.2009

La taxe carbone, aussi injuste qu’inefficace

Rappel des positions du PS :

A quelques jours du débat au Parlement sur la taxe carbone proposée par le gouvernement, le Parti socialiste confirme ses positions adoptées par le Bureau national du 2 juillet

Nous sommes favorables à une fiscalité écologique permettant d’accompagner la modification profonde et nécessaire des modes de vie et de déplacement.

Mais nous sommes convaincus qu’une telle contribution pour être acceptable, doit recevoir l’adhésion de la population et donc être juste socialement.

C’est la raison pour laquelle le Parti socialiste s’oppose à la taxe carbone proposée par le président de la République, inefficace écologiquement car ne s’attaquant pas avec force aux grands pollueurs, et accroissant la pression fiscale sur les familles.

Nous prônons la création d’une contribution énergie-climat dont le produit serait intégralement consacré à des compensations sociales liées à la lutte contre le changement climatique.

Une raison de plus de s’opposer à la taxe carbone du gouvernement, dont le produit sera utilisé à réduire le déficit public ou à compenser la suppression de la taxe professionnelle.

Au-delà d’une contribution incitant au changement des comportements, le Parti socialiste défend des réponses qui s’attaquent aux causes du réchauffement climatique. Il faut redoubler d’efforts pour que les conditions de la construction ou la réhabilitation des logements permettent de réduire la consommation énergétique.

De même, à quoi sert de taxer financièrement la voiture si les Français n’ont pas la possibilité de prendre des transports collectifs proches de chez eux, rapides et peu coûteux ?

C’est dans cet esprit que le Parti socialiste demande, s’agissant des transports en commun, un grand « plan de transports carbone zéro » autour de deux propositions :

  • Financement par l’Etat à hauteur de 50% de tous les projets de transports publics ;
  • Incitation forte aux plans de déplacement d’entreprise pour ramener le coût des déplacements domicile-travail à moins de un euro par jour.

Sans ces mesures pour accompagner la fiscalité écologique, celle-ci ne sera qu’une nouvelle ponction fiscale sur les ménages sans effet pour l’environnement.

Après l’arbitrage du Président de la République :

Les Français sont, en réalité, piégés par la taxe carbone

Les Français sont aujourd’hui piégés par la taxe carbone, on ne peut que regretter, après le discours de Nicolas Sarkozy, qu’une véritable fiscalité écologique, c’est-à-dire juste et efficace, ne soit pas mise en place.

La taxe carbone est bien un impôt nouveau, le président, une fois de plus, dit une chose et fait son contraire.

Cette nouvelle taxe, supposée vertueuse par sa visée pédagogique, est en réalité injuste et inefficace. Qui peut croire, en effet,  que les ménages français seront davantage en mesure de changer de voiture, de limiter leurs déplacements ou de moins se chauffer cet hiver sous la pression d’une nouvelle augmentation des énergies de première nécessité?

Le chef de l’Etat a fixé la contribution climat énergie à 17 euros la tonne de CO12 rejetée alors que tous les défenseurs de la taxe carbone avaient conditionné son efficacité à un montant minimum de 32 euros. A moitié moins, l’argument s’écroule, il n’en reste plus rien.

L’arbitrage de Nicolas Sarkozy est,  en réalité, un aveu d’échec sur tous les plans.

 

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