09.10.2009

Le gouvernement joue contre l'hôpital public

Projet de loi de financement de la sécurité sociale : le gouvernement renie ses engagements envers l’hôpital public.


Alors même que le gouvernement annonce urbi et orbi que la sécurité sociale joue son rôle d’amortisseur de la crise, on découvre qu’il vient de s’en prendre à l’hôpital public dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010.

En effet, il est prévu de ponctionner l’enveloppe du seul hôpital public d’un montant de 150M€ en alignant les tarifs de certains séjours sur celui des cliniques.

Cette mesure démontre d’abord qu’il n’est pas tenu compte du coût de la continuité et des exigences du service public, assumé par le seul hôpital public.

En procédant ainsi le Gouvernement renie ses engagements de report de la convergence tarifaire à 2018. Ceux qui croyaient à un soutien de ce gouvernement et de cette majorité, au service public hospitalier, seront déçus. Avec Nicolas Sarkozy, le gouvernement choisit une fois de plus de favoriser les établissements privés.

A travers un dispositif de tarification à l’activité opaque et confus, comme l’a souligné récemment la Cour des comptes, c’est l’hôpital public qui sert de variable d’ajustement.

Cette décision conforte le processus de mise à mal du service public hospitalier, structurellement organisé dans la récente loi dite « hôpital, patients, santé, territoires ».

Les parlementaires socialistes combattront énergiquement ces dispositions à l’occasion du débat sur le PLFSS 2010, qui s’engage dans quelques jours.

07.10.2009

La Poste : les Français doivent être entendus


On ne peut que se réjouir de l’ampleur de la mobilisation citoyenne pour sauvegarder le service public postal. Le comité national d’organisation de la votation citoyenne en a annoncé Lundi 5 octobre 2009 les résultats : 2 123 000 votants, 90% contre le projet de changement de statut et la transformation de l’établissement public en société anonyme.

Les Français ont montré leur attachement à La Poste, symbole fort du service public, garant des valeurs d’égalité et de solidarité.

Le projet du gouvernement ne porte aucune perspective de développement de l’entreprise. Il ne répond en rien aux besoins de la population, ni aux besoins financiers nécessaires à un établissement public ambitieux. Rien ne justifie ce changement de statut, ni les directives européennes, ni les règlements. En choisissant de transformer la Poste en société anonyme, ouvrant la voie à une privatisation rampante, la Droite fait un choix idéologique, le même que pour France Telecom transformé en SA en 1996 (Juppé), et pour Gaz de France en 2007. A l’époque, Nicolas SARKOZY avait pourtant assuré que GDF resterait public. Devant son manque de crédibilité sur le sujet, nous ne pouvons donc être que très réservés sur le projet gouvernemental.

Certes, il faut renforcer le service public postal en approfondissant sa nécessaire modernisation, pour le rendre encore plus efficace. Mais la rentabilité financière ne peut être l’unique critère de réforme.

Face à cet enjeu industriel, économique et social, les Français doivent être consultés. Le Parti socialiste demande donc au gouvernement d’organiser un référendum sur le sujet. Les parlementaires socialistes vont donc déposer un projet de loi sur le sujet qui sera examiné à l’Assemblée Nationale le 15 octobre prochain.

Le gouvernement ne peut ignorer l’expression de 2 193 000 français, de l’ensemble des syndicats, des forces politiques de progrès, de la mobilisation de milliers d’élus de toutes sensibilités.

Nous condamnons les propos méprisants de ses porte-parole et nous lui demandons d’entendre les citoyens en les consultant directement par referendum sur un projet qui engage l’avenir d’un service public auquel les Français ont clairement indiqué leur attachement en participant massivement à la Votation citoyenne de la semaine passée. Les Français doivent être entendus.

Le Parti socialiste participera aux initiatives du comité national. Il mobilisera l’ensemble de ses adhérents à travers une campagne nationale dans l’objectif d’obtenir ce référendum.

La journée mondiale du travail décent le 7 octobre

Le 6 octobre 2009

La journée mondiale pour le travail décent aura lieu le mercredi 7 octobre, à l’appel de la Confédération syndicale internationale.

Partout dans le monde, des salariés manifesteront avec leurs organisations syndicales pour obtenir le respect des normes sociales minimales au moment où les salariés, premières victimes de la crise, risquent d’être demain les premiers oubliés d’une éventuelle reprise de la croissance.

En France, cette journée sera aussi marquée par une mobilisation contre la poursuite des suppressions d’emplois dans la Fonction Publique, pour un véritable contrôle des licenciements boursiers, contre les mesures prévues par le gouvernement notamment la fiscalisation des indemnités journalières accident du travail.

Dans un contexte de dégradation des conditions de travail, d’explosion du chômage, d’augmentation de la précarité, du nombre de travailleurs pauvres et du stress au travail, le gouvernement diminue pourtant le budget alloué au travail et à l’emploi dans le projet de loi de finances 2010 (-3,5%).

Le Parti socialiste apporte tout son soutien à cette journée de mobilisation et appelle le gouvernement à prendre en considération les revendications exprimées par les salariés, en commençant par revoir les choix budgétaires du projet de loi de finances pour 2010.

06.10.2009

L’École ne se monnaye pas

L'école n'est pas une marchandise !


Le Parti Socialiste exprime sa totale opposition à la proposition du Recteur de l'académie de Créteil concernant la mise en place d'une cagnotte pour récompenser l'assiduité des élèves, dans trois lycées professionnels.


Notre Ecole est au service des jeunes. Elle a vocation à les accompagner, à être vecteur d’une transmission des savoirs de qualité, à leur donner les armes et les connaissances nécessaire à leur autonomie et à leur épanouissement. Cette démarche est tout simplement contraire aux principes de l'Ecole de la République. A l’heure où nous devons redonner confiance en l’École, redonner l’envie d’apprendre et réaffirmer que l’École est une chance et en aucun cas une contrainte, cette mesure nous semble dangereuse. L’École ne se monnaye pas.


Dans une société où les valeurs de justice sociale, de solidarité, sont, chaque jour, mises à mal, où l’individualisme le plus primaire gagne chaque jour du terrain dans l’univers de notre jeunesse, le Parti socialiste entend tout mettre en œuvre pour préserver les enfants et les jeunes d’un cadre de vie et d’apprentissage dont le cœur seront les valeurs marchandes.


Une fois de plus, on prétend, très maladroitement, s’occuper des effets – l’absentéisme des élèves- alors que l’urgence est à une refonte en profondeur de notre système éducatif : les structures des établissements et leur place dans la cité et dans la société de la connaissance, les rythmes scolaires -la journée, la semaine, les vacances-, les nouvelles pédagogies en donnant toute sa place à l’élève dans les processus d’apprentissage, le développement des savoirs informels, les missions et la formation de tous les personnels chargés d’éducation…





 

03.10.2009

Le parti socialiste doit être enfin entendu par les Français

 

En marge des journées parlementaires du Parti socialiste :

 

Article paru dans les Echos le 30/09/09

Les parlementaires socialistes se retrouvent aujourd'hui et demain à Toulouse pour leur « séminaire » de rentrée. Dans la Ville rose, ils vont tenter d'être audibles dans leur opposition à Nicolas Sarkozy en abordant des sujets de fond, comme la réforme des collectivités locales, la fiscalité, la protection sociale, le réchauffement climatique ou la « privatisation » de La Poste. La première secrétaire, Martine Aubry, viendra clôturer leurs travaux demain, quelques heures avant l'ouverture d'un nouveau scrutin interne. C'est, en effet, jeudi soir que les militants socia­listes sont appelés à se prononcer par référendum sur les fameuses « primaires ouvertes » pour la désignation du candidat à la présidentielle, sur le non-cumul des mandats ou sur les têtes de liste aux prochaines régionales. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, explique pour les « Echos » les enjeux de ces deux rendez-vous.


Le PS sort d'une séquence très cacophonique. Que pouvez-vous faire pour être enfin entendu par les Français ?


Il faut qu'il n'y ait qu'une seule parole au PS. Lors de notre séminaire parlementaire qui débute aujour-
d'hui à Toulouse, nous voulons être à l'initiative d'un débat d'idées et de propositions sur la crise et son après. Les opposants sont aussi des proposants et les Français pourront juger sur pièces les différences. Nicolas Sarkozy a multiplié les discours évoquant la rupture avec le système qui a engendré la crise : pas une réforme n'a été engagée dans cette voie.


Vous avez déposé plusieurs propositions de loi, dontune prévoyant l'instauration d'un salaire maximum.Quel en serait le mécanisme ?


Il y a deux cas de figure. En ce qui concerne les entreprises aidées par l'Etat, nous préconisons une rémunération maximale égale à 20 fois le salaire minimum pratiqué dans l'entreprise. Pour les autres entre­prises, nous souhaitons que les écarts de rémunération soient votés en assemblée générale sur proposition du conseil d'administration après consultation du comité de rémunération, où les salariés seraient représentés.

Par ailleurs, concernant les bonus, nous proposons que la rémunération complémentaire ne dépasse pas la rémunération fixe. Le salaire maximum, c'est un nouveau contrat social sur l'échelle des rémunérations. Cette proposition sera débattue le 15 octobre à l'Assemblée et la droite devra dire pourquoi elle s'y oppose. De même, elle devra se prononcer sur notre seconde proposition visant à interdire le crédit « revolving » qui plonge des milliers de ménages dans le surendettement.


Le gouvernement présente aujourd'hui son budget. Comment jugez-vous sa politique fiscale ?

C'est une nausée d'inégalités. Dans les quinze derniers jours, la droite a inventé deux taxes (la taxe carbone et la taxation des indemnités liées aux accidents du travail) et augmenté une troisième (le forfait hospitalier) ! Et dans le même temps, Nicolas Sarkozy refuse de toucher aux privilèges de ses clientèles fortunées : le bouclier fiscal, les niches fiscales, les droits de succession, les stock-options, les retraites chapeaux. Aujourd'hui, la France paie pour ses riches. C'est moralement indécent et absurde économiquement.


Que préconisez-vous ?

Abolir les privilèges exorbitants que je viens de citer. Réhabiliter la progressivité de l'impôt en adossant les prélèvements injustes comme la taxe d'habitation sur les revenus et en instaurant une cotisation qui porterait sur les plus hauts revenus. Il ne faut pas plus d'impôt, mais « mieux d'impôt », c'est-à-dire une fiscalité qui favorise la justice, le travail et l'investissement sur le privilège et la rente. Ce débat fiscal nous le collerons aux basques du président jusqu'en 2012. Nicolas Sarkozy, c'est « monsieur Taxes » au royaume des injustices.


Qu'il s'agisse de la taxe carbone ou du Grenelle 2,on a le sentiment que le message du PS sur l'environnement est un peu brouillé. Où vous situez-vous entre les Verts et Nicolas Sarkozy ?

Pour résoudre la question du réchauffement climatique, il ne suffit pas de repeindre son discours en vert. La taxe carbone est massivement impopulaire parce qu'elle s'inscrit dans un océan d'inégalités fiscales. La condition d'une acceptation de la fiscalité écologique est de l'inscrire dans une réforme globale et équitable fondée sur les principes du bonus-malus ou de pollueur-payeur, qui, eux, sont très bien compris. C'est ce que les élus socialistes pratiquent, concrètement, sur le terrain et que nous défendrons au Parlement.


...


PROPOS RECUEILLIS PAR RENAUD CZARNES ET STEPHANE DUPONT, Les Echo


 

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